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Que lisez-vous ?

Discussion dans 'Discussion générale' créé par Nyark nyark, 10 Novembre 2008.

  1. Vansinnig

    Vansinnig Nouveau membre


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    2 Janvier 2012
    Re : Que lisez-vous ?

    En ce moment je lis "Paroles" de J.Prevert,et je le conseille vivement à ceux qui ne l'ont pas lu.Eentre quelques textes absurdes,il fait une vrai critique de ce qui ne vas pas pour lui dans la société,même si c'était dans les années 30, on se rend compte rien n'a changé ( par exemple le monde du travail,le fait de passer sa vie à bosser et donc tout ce qui vas avec...enfin vous voyez).
     
    Kriss76 apprécie ceci.
  2. jardipunk

    jardipunkla sobriété heureuse! Membre actif


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    3 Janvier 2012
    France
  3. Loulouco

    LouloucoUn prout, ça pue. Membre du forum


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    2 Octobre 2011
    Re : Que lisez-vous ?

    Moi je lis un peu de tout, mais mon auteur préféré est Stephen King , et puis j'ai aussi adoré la trilogie des fourmis, de Bernard Werber =D
    J'aime beaucoup la poésie aussi, Rimbaud, Verlaine, Baudelaire...
     
  4. manuhc

    manuhc Membre actif


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    14 Février 2011
    Re : Que lisez-vous ?

    je viens de commencer "life" de keith richards, en attendant la sortie de"claustria" de régis jauffret (le 12/01), roman sur l'affaire fritzl (l'autrichien qui a sequestré pendant 24 ans sa fille et ses enfants, nés de sa relation incestueuse).
     
  5. raven-puk

    raven-puk Membre du forum


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    1 Octobre 2010
    Re : Que lisez-vous ?

    "1984" de George Orwell
     
  6. Kriss76

    Kriss76 Nouveau membre


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    30 Mai 2019
    Homme, 47 ans
    Normandy, France France
    Un petit up pour ce post des plus intéressant. Pour ma part, je suis actuellement sur un bouquin de Frédéric Mars.... La Lame aux éditions Métropolis. [​IMG]
     
  7. Dreamea

    Dreamea Membre actif


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    6 Février 2019
    France France
    Edogawa Ranpo, en référence à Mr. "EDGAR ALLAN POE", thriller mais bien tortueux et dark.
     
  8. freedomcat

    freedomcat Membre actif


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    Portfolio
    Punk is not dead, la preuve avec quatre survivants

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    10/06/2019
    Par Émilien Hofman


    Dénigrés, énervés, craints, impolis, ils crachaient à la gueule de l’ordre établi. Quarante ans plus tard, leurs idéaux sont-ils toujours aussi intacts? Réponse avec quatre survivants.

    Né au milieu des années 70, le mouvement punk exprimait la révolte de jeunes urbains lâchés en pleine déprime post-industrielle et pas invités au banquet des années fric qui allaient suivre. Que reste-t-il de cette contre-culture? Pas grand-chose, forcément. L’ordre social a gagné et le capitalisme en a recyclé l’essentiel: sa bande-son et quelques colifichets muséifiés, de l’épingle à nourrice à la bomber kaki, en passant par la ceinture cloutée, que nos enfants sages peuvent aujourd’hui acheter dans n’importe quelle franchise du prêt-à-porter multinational. Dommage, l’aventure promettait des péripéties aussi nombreuses que surprenantes. Comme en témoignent les quatre vieux punks sur lesquels on a encore pu mettre la main.

    Christophe, rebelle festif - 46 ans
    Le premier punk que j’ai vu, je l’ai trouvé magnifique dans sa façon d’être lui-même.

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    "La première fois que j’ai vu un punk à Mouscron, c’était au tout début du mouvement. Je trouvais sa façon d’être lui-même magnifique, il s’en foutait de ce que les gens pouvaient penser de lui.” Passé par la vague new wave et gothique, Christophe découvre le punk depuis neuf ans et sa rencontre avec son actuelle compagne Isabelle. Convaincu des vertus conviviales et rassembleuses du style, il le promeut à travers une ASBL, Les Soirées Rock de La Baronne, qui s’apprête à organiser son deuxième festival en Province de Luxembourg. “Je ne suis pas du genre à me balader avec des pancartes “On veut ça, on veut ça”, je préfère l’idée de pouvoir éveiller les consciences à travers l’esprit festif. Faire sortir les gens de chez eux pour les pousser à la découverte, c’est déjà ça.” La crête au crâne, la boucle à l’oreille, Christophe estime que tout être humain détient un côté punk. “Tout le monde a envie d’être libre, mais certains l’expriment moins facilement que d’autres, enfermés dans un carcan capitaliste qui fait qu’ils n’ont pas envie de s’afficher.”

    Mais l’expression punk a ses détournements: les t-shirts “Sex Pistols” des chaînes de fringues ou l’appropriation du titre Hey Ho! Let’s Go! des Ramones par Lotto en sont de fameux. “Ce n’est pas ça le punk: le punk fait ses trucs lui-même, il n’en a rien à foutre de la commercialisation.” Avec Les Soirées Rock de La Baronne, Christophe essaie au contraire que la note soit juste. Financièrement aussi. “Les vrais groupes de punk ne demandent pas de montants exorbitants pour se produire”, témoigne-t-il. Du coup, avec Isabelle, ils proposent régulièrement à plusieurs musiciens de les héberger chez eux, dans leur grenier-dortoir. Une belle manière d’assurer une after et le prolongement des discussions. “Notre festival attire entre 200 et 300 personnes , glisse Christophe. Même si ça ne descend pas en dessous de 20 ans, on sent l’émergence d’un public jeune. À côté, c’est rempli de quadras et de quinquas qui se connaissent tous.”

    Reste que le concert punk fait encore face à certaines barrières solides. Celles des autorités locales, mais également d’autres quidams. “Le bal du village fait chier des gens, mais personne ne dit rien parce que c’est le bal du village. Quand on veut organiser une soirée punk, par contre...” Mais ces résistances sociales contribuent peut-être même à conserver tout le grain du punk. Avoir pignon sur rue entraînerait la perte de l’esprit de contre-culture de l’idéologie. De quoi s’étonner du revival du légendaire Ludwig von 88, organisé en 2016 au Hellfest, le plus gros festival métal d’Europe. C’était sans Christophe. Sans punk de Mouscron, donc.

    Anne-Françoise, cultivatrice sans talons - 50 ans
    Moi, j’aime m’éclater. Cette musique, c’est carré, c’est pas rempli de solos dans tous les sens.

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    "On est quel jour?, s’interroge Anne-Françoise en distinguant des phares dans la cour. Jeudi? Ah! Les Full of Suédoises viennent répéter.” Alors que le petit groupe s’empare discrètement d’une dépendance de la propriété pour faire cracher les amplis, la dynamique maîtresse des lieux décortique son coup de cœur pour le punk. “J’écoute parfois de la variété française, mais je n’irais jamais en voir en live. On ne décompresse pas assez, moi j’aime bien m’éclater. Je suis prise par l’énergie de la musique punk qui est carrée, qui n’est pas remplie de solos dans tous les sens.” De son adolescence à sa cinquantaine, Anne-Françoise est restée punk: toujours la même, toujours rebelle. Sauf que son combat n’est plus le même que lors de ses vertes années.

    Agricultrice dans la région de Marche-en- Famenne, elle se bat pour la sauvegarde de la paysannerie, des méthodes traditionnelles, du climat. “Ma manière de travailler est déjà une revendication: bio, respectant la nature, défendant l’exploitation familiale à petite échelle, dénonçant l’agriculture conventionnelle…” Elle profite des marchés où elle vend sa farine pour sensibiliser le consommateur. Il y a quelques années, c’était sur les planches, dans une pièce de théâtre interprétée avec d’autres agriculteurs, qu’elle attirait l’attention. “J’ai longtemps eu un manque de confiance en moi. Adolescente, je voulais être comme les autres pour me fondre dans le moule, mais je ne me sentais vraiment pas bien. Puis j’ai découvert le punk et j’ai décidé d’étudier la photo à Bruxelles. J’ai appris à m’aimer, j’ai trouvé mon style - très simple, hein.”

    À 18 ans, Anne-Françoise se retrouve au jubé de l’église de son village pour fixer le rendez-vous punk du soir avec ses potes. À l’époque, la jeune fille cherche à sortir d’un quotidien familial assez strict et à se démarquer de ses trois frères, trop investis dans l’activité de la ferme à son goût. La musique et la photo l’aident à prendre son envol spirituel, mais le décès soudain de son père change la donne. “J’ai pris le relais. Je voulais sauver le patrimoine de ma famille, installée dans le village depuis 100 ans. Le premier jour, j’étais seule au monde: je ne savais même pas reculer le tracteur.” Sans formation, Anne-Françoise relève d’abord le challenge dans le respect des règles. Mais après quatre ans, son côté frondeur refuse les techniques conventionnelles et épouse le bio et l’écologie. “L’agriculture est un milieu très masculin, donc c’est plutôt bien que je sois un peu rebelle, que j’aie mon mot à dire et que je travaille pas trop mal. Pourtant au début, ce n’était pas gagné d’avoir la reconnaissance des confrères.” Récemment, la fille d’Anne-Françoise lui a offert un pantalon “à la mode”. À terme, elle rêve de mettre des talons aux pieds de sa mère. Qui se marre: “Jamais, impossible!”

    Marcia, aristo punk - 57 ans
    Vous êtes qui vous êtes, vous faites ce que vous faites, mais ça ne colle pas avec le système et on ne sait pas vous formater.

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    Fin 2018, Marcia se rend seule aux USA pour une tournée initialement prévue avec son groupe, Red Baroness & The Murder Kings. Mais à un mois du départ, ses musiciens renoncent au voyage. Installée dans son sofa rouge, dans ce qu’elle appelle “son manoir” du nord de Bruxelles, Marcia grince des dents. Tout ça n’est pas très punk. Surtout pour celle qui a vécu pendant 22 ans à côté d’un club downtown de Los Angeles. “Le punk, c’est simple, lance la quinqua à bandeau. Vous êtes qui vous êtes, vous faites ce que vous faites, mais ça ne colle pas avec le système et on ne sait pas vous formater.” La Bruxelloise applique ce concept à la lettre, elle qui refuse le chômage et le CPAS.

    À son retour des États-Unis au début des années 2000, elle enfile pourtant son grand manteau de cuir rouge pour se ramener à l’Onem… avec sa guitare basse. “Je leur ai dit: “Ça c’est mon outil de travail. J’ai joué des heures et des heures là-dessus. Vous voulez que je bosse? D’accord, mais aidez-moi à trouver des concerts!” “On ne fait pas ça”, m’ont-ils répondu.” Voilà l’attitude de rébellion qu’oppose toujours Marcia à une société qu’elle estime frigide et incapable de sortir quiconque de la contrainte. “J’ai des années de musique derrière moi, ce n’est pas pour commencer à faire les toilettes de quelqu’un d’autre.” Du coup, Marcia s’est mise d’accord avec son mari pour refuser toute astreinte civile et se consacrer à plein temps à sa profession de musicienne. En poussant à fond la caisse le concept du DIY (”Do it yourself”). “J’enregistre mes trucs chez moi et j’ai récemment acheté un petit engin dans lequel j’entre ma musique à la guitare pour qu’il génère une ligne de basse et un beat de batterie.”

    Née et élevée dans le milieu aristo-catho d’Uccle, Marcia a 15 ans en 1977, l’année du déferlement de la vague punk. À la mort de son père, elle fait ses premières sorties au Vieux Saint-Job, un bar qui passe du punk. “Je n’ai pas ciblé le style au départ, mais surtout cette idée qu’on pouvait faire tous un truc complètement original.” Le jour où elle ramène un album de Patti Smith et des Ramones chez elle, Marcia ramasse une claque de son frère. “Dès ce moment, j’ai compris que le punk n’était plus uniquement de la musique, mais une issue de vie. Du coup, je prenais un terrible plaisir à emmerder mon frère en jouant ces CD à fond dans ma chambre.” Quelques années plus tard, Marcia devient The Red Baroness, en référence à son passé aristo et pour marquer la différence avec l’environnement politiquement “bleu” de son enfance uccloise. “Je vieillis, je n’en suis plus à écrire “Fuck the police”, mais l’esprit est éternel. Jamais je ne serai formatée.” Marcia s’est récemment confectionné un micro en forme de flingue. Une référence à Charles Bukowski, qui a écrit “Choisis ce que tu aimes et laisse cette chose-là te tuer”.

    Didier, leader des Shadocks - 49 ans
    En montant un groupe, on ne payait plus les entrées et on buvait les chopes à l’œil.

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    "Mon père a tiqué quand je me suis ramené à 16 ans avec une boucle d’oreille. Mais ça s’est vite calmé, je pense que mes parents sont assez punk dans leur esprit. Aujourd’hui, tu peux parler de Clash et des Sex Pistols à ma mère, elle connaît!” Didier découvre le punk au milieu des années 80 à l’écoute des radios libres. “Ça m’a directement fait vibrer , glisse-t-il, engoncé dans un de ses rares t-shirts blancs. C’est moins classique que le rock, moins structuré et plus basique. Mais je m’en fous: l’idée c’est de mettre un gimmick en tête et de le retenir.” De son petit village du Condroz, l’ado voit alors les concerts pleuvoir un peu partout dans sa région, les Belges des Slugs et de René Binamé entre autres légendes. “Certains se révoltaient et affichaient leurs idées politiques, mais d’autres pas du tout, situe le quasi-quinqua. Ce qui nous plaisait avec mes potes, c’était que les groupes punk cassaient les codes, ils sortaient des clous dans leur attitude.”

    Incarnation ultime de la provocation, Sid Vicious, le bassiste des Sex Pistols, a pourtant déjà cané depuis belle lurette quand Didier gratte sa première guitare. “Mes frères jouaient de la batterie et de la basse et un jour, en pleine sortie concert, on s’est dit qu’on allait faire un groupe. Comme ça on ne payait plus les entrées et on buvait les chopes à l’œil.” Le lendemain, les Shadocks voient le jour en hommage à ces piafs complètement tarés de la série d’animation. Les quatre gaillards sortent leurs premiers riffs dans le grenier des parents de Didier, mais assistent aussi aux répètes d’autres groupes en amenant un bac pour taper la causette dans la foulée. “Dès qu’on a eu dix chansons de quatre accords, on a organisé un premier concert dans un hameau à côté de chez nous. Quelques mois plus tard, on participait déjà à un plus gros festival. Les gens étaient demandeurs de groupes.”

    Jusqu’à leurs 25 ans d’existence célébrés il y a quelques mois, les Shadocks enchaînent entre 300 et 400 concerts en Belgique, ainsi que plusieurs tournées dans les pays voisins à bord d’un minibus qui consomme plus qu’eux. Désormais père de deux enfants, le guitariste n’a pourtant rien perdu de sa soif de punk, devant, mais surtout sur la scène. “Je prends toujours le même plaisir à jouer, c’est sûrement une question d’énergie. Avec les Shadocks, on est classique, hein, maintenant, on ne fait plus beaucoup de nouveautés, donc les gens connaissent… Quoique un peu moins ceux de mon village, se marre-t-il. Mais j’ai déjà eu de très bons échos de types qui n’avaient jamais écouté du punk. Beaucoup comprennent et partagent notre amour pour le côté défoulant de la musique.” Aujourd’hui, Didier et les Shadocks répètent au sous-sol du frère de Didier. Du grenier à la cave, il n’y a qu’un pas d’ABL.
     
  9. Dreamea

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    6 Février 2019
    France France
    Kazoku Hakkei
     
  10. freedomcat

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    Les victimes de viol de plus en plus mises en cause en France

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    Pour 42 % des Français (40 % en 2015) la responsabilité du violeur est atténuée si la victime a eu une "attitude provocante" en public.

    Plus d'un an et demi après le mouvement #MeToo, les "mythes sur le viol" sont toujours répandus en France, selon une enquête Ipsos publiée mercredi.

    Le "déni et la culture du viol ont la vie dure". L'association Mémoire traumatique et victimologie a publié mercredi 19 juin les résultats d'une enquête Ipsos* sur la perception des agressions sexuelles en France.

    Certains stéréotypes sont toutefois en léger recul.

    Les Français considèrent moins que les femmes "ont besoin d'être amoureuses pour envisager un rapport sexuel" (64 % contre 74% en 2015), ou que "pour un homme il est plus difficile de maîtriser ses désirs sexuels" (57 % contre 63 % en 2016), relève l'enquête réalisée par l'institut Ipsos.



    Ils sont également "un peu moins nombreux" à penser "qu'une femme peut prendre du plaisir à être forcée" (18 % contre 21 % en 2015) ou que "quand elles disent non pour une relation sexuelle, elles pensent oui" (17 % vs 19 %).

    "Si elle ne réagit pas, ce n'est pas une violence sexuelle"

    Mais une majorité de Français continuent "d'adhérer à des mythes sur le viol". Ceux-ci participent à une "culpabilisation des victimes" en progression malgré la multiplication des campagnes d'information, selon le rapport. Pour 42 % des Français (40 % en 2015) la responsabilité du violeur est atténuée si la victime a eu une "attitude provocante" en public. Si une victime "se défend vraiment elle fait fuir le violeur" d'après 43 % des sondés (41 % en 2015) et "si elle ne réagit pas ce n'est pas une violence sexuelle" (30 % contre 27 % en 2015).



    Il pourrait exister un "lien entre cette augmentation et une perception négative par certains répondants (25 %) du grand nombre de victimes s'étant exprimées lors de la campagne #MeToo", souligne le rapport. "Comme si l'énormité des chiffres leur paraissait invraisemblable".

    Méconnaissance des statistiques sur le viol

    L'étude relève pourtant une bonne connaissance des phénomènes de sidération traumatique pouvant paralyser la victime et l'empêcher de réagir (82 % des sondés). Cette enquête souligne un "paradoxe" alors que 83 % des Français déclarent penser que #MeToo a eu un "effet positif" sur la libération de la parole des femmes.


    L'étude fait également état d'une méconnaissance des statistiques sur le viol. 69 % des personnes interrogées pensent que les victimes sont plus d'une sur quatre à porter plainte pour viol alors qu'elles sont moins de 10 %. Quant au nombre de condamnations, 90 % pensent qu'elles ont augmenté depuis 10 ans alors qu'elles ont diminué de 40 %, toujours selon l'étude.

    * L'enquête a été réalisée du 22 au 28 février auprès de 1.000 personnes représentatives de la population française âgée de 18 ans et plus (échantillon constitué selon la méthode des quotas).


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    Même après #Metoo, la culpabilisation des victimes de viol gagne du terrain
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    Marche contre les violences faites aux femmes, en novembre 2018 à Paris. L’étude fait notamment état d’une méconnaissance des statistiques sur le viol. (AFP)
    Si 83 % des Français pensent que #Metoo a eu un « effet positif » sur la libération de la parole des femmes, les représentations sexistes sont tenaces.
    Par L'Obs avec AFP

    Publié le 20 juin 2019 à 14h06

    Les représentations sexistes « régressent un peu », mais le « déni et la culture du viol ont la vie dure » malgré le mouvement #Metoo, d’après les résultats d’une enquête publiée mercredi 19 juin par l’association Mémoire traumatique et victimologie.

    Les Français considèrent moins que les femmes « ont besoin d’être amoureuses pour envisager un rapport sexuel » (64 % contre 74 % en 2016), ou que « pour un homme, il est plus difficile de maîtriser ses désirs sexuels » (57 % contre 63 % en 2016), relève l’enquête réalisée par l’institut Ipsos.

    Ce matin 11h conf de presse à la Mairie du 2ème pr présenter les résultats de la nouvelle enquête @memoiretrauma :… https://t.co/S1tBjyShAY—memoiretrauma(@Muriel Salmona)

    Ils sont également « un peu moins nombreux » à penser « qu’une femme peut prendre du plaisir à être forcée » (18 % contre 21 % en 2016) ou que beaucoup, « quand elles disent non pour une relation sexuelle, pensent oui » (17 % contre 19 %).

    Des stéréotypes qui résistent
    Mais les stéréotypes sur la sexualité des femmes restent présents et une majorité de Français continuent « d’adhérer à des mythes sur le viol » qui participent d’une « culpabilisation des victimes » en progression malgré la multiplication des campagnes d’information, selon le rapport.

    « Les Lionnes », ces femmes qui veulent que la révolution #MeToo passe aussi par la pub
    Pour 42 % des Français (40 % en 2016), la responsabilité du violeur est atténuée si la victime a eu une « attitude provocante » en public. Si une victime « se défend vraiment, elle fait fuir le violeur » d’après 43 % des sondés (41 % en 2016) et « si elle ne réagit pas, ce n’est pas une violence sexuelle » (30 % contre 27 % en 2016).

    « Un possible lien entre cette augmentation et une perception négative par certains répondants (25 %) du grand nombre de victimes s’étant exprimées lors de la campagne #Metoo n’est pas exclu », souligne le rapport. « Comme si l’énormité des chiffres leur paraissait invraisemblable. »

    Une méconnaissance des statistiques sur le viol
    L’étude relève pourtant une bonne connaissance des phénomènes de sidération traumatique pouvant paralyser la victime et l’empêcher de réagir (82 % des sondés), et souligne un « paradoxe » alors que 83 % des Français déclarent penser que #Metoo a eu un « effet positif » sur la libération de la parole des femmes.

    LIRE AUSSI > Muriel Salmona : « Le vent tourne en faveur des victimes de violences sexuelles »

    L’étude fait également état d’une méconnaissance des statistiques sur le viol. 69 % pensent que les victimes sont plus d’une sur quatre à porter plainte pour viol alors qu’elles sont moins de 10 %. Quant au nombre de condamnations : 90 % pensent qu’elles ont augmenté depuis 10 ans alors qu’elles ont diminué de 40 %, toujours selon l’étude.

    L’enquête a été réalisée du 22 au 28 février 2019 auprès de 1 000 personnes représentatives de la population française âgée de 18 ans et plus (échantillon constitué selon la méthode des quotas).

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    Dernière édition: 20 Juin 2019
  11. freedomcat

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    Rock vs cocktails Molotov : la violence politique pendant les concerts dans l’Italie de la fin des années 1970
    | Par Céline Pruvost

    "En Italie, les événements de 1968 perdurent pendant plus d’une décennie, à tel point que ce « mai rampant » débouche sur de nouveaux mouvements étudiants en 1977. Certains groupes d’extrême gauche élargissent le spectre de leurs actions, notamment en interrompant des concerts par la violence.

    Le 13 septembre 1977, le concert de Carlos Santana est ainsi arrêté par des jets de pierres et de cocktails Molotov. D’autres artistes sont interpelés sur scène, dans des formes plus ou moins violentes qui vont de l’invective au « procès politique ».
    Notre objet ne sera donc pas l’étude de la violence des propositions artistiques, mais celle du rock confronté à un contexte de violence politique : quand la violence d’une frange du public s’exprime envers les artistes, quel est l’impact sur les concerts et les œuvres ?

    Nous évoquerons d’abord la spécificité du contexte italien, pour ensuite exposer les violences qui ont touché les stars internationales du rock pendant leurs concerts en Italie. Nous en appréhenderons enfin les effets paradoxaux, pratiques puis esthétiques, même au delà du champ du rock." ...

    Lire la suite, de cet excellent article :emoji_point_right: Rock vs cocktails Molotov : la violence politique pendant les conce...
     
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    Un anarchiste américain abattu par la police en s’attaquant au système concentrationnaire US

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    Le 13 juillet 2019, Will Van Spronsen a été abattu par la police de Tacoma (État de Washington) après avoir tenté d’incendier des véhicules utilisés pour la déportation des migrants enfermés au Northwest Detention Center.

    Militant révolutionnaire, anticapitaliste, antifasciste, Will Van Spronsen, 69 ans, est mort en s’attaquant au système concentrationnaire américain. Avant d’être abattu par la #police de Tacoma, il est parvenu à incendier l’un des bus utilisés pour déporter les migrants enfermés au sein du Northwest Detention Center, un camp géré par une entreprise privée.
    L’attaque menée par Van Spronsen a eu lieu un an jour pour jour après le déclenchement d’une grève de la faim au sein du camp pour dénoncer les déportations et les conditions d’enfermement. Van Spronsen était armé d’un fusil d’assaut et de bombes incendiaires.

    Le Northwest Detention Center est un camp géré par une entreprise privée, GEO Group, pour le compte de la police aux frontières américaine, l’United States Immigration and Customs Enforcement (ICE). Avec une capacité d’internement de 1 575 prisonniers, c’est l’un des plus grands camps des États-Unis. Y ont notamment été internées des personnes qui ont été séparées de leurs enfants après leur arrestation, dans le cadre des nouvelles mesures racistes mises en œuvre par l’administration Trump.

    Dans une lettre envoyée à des camarades avant l’attaque, Will Van Spronsen écrit notamment :

    « Quand j’étais enfant, dans la Hollande et la France d’après-guerre, ma tête était remplie d’histoires sur la montée du fascisme dans les années 30. Je me suis promis que je ne serais pas de ceux qui restent sans rien faire pendant que leurs voisins sont arrachés à leurs domiciles et emprisonnés parce qu’ils sont perçus comme inférieurs. [...] Les camps de détention sont une abomination. Je ne peux pas rester sans rien faire. »

    La Resistencia, un groupe local de soutien aux détenu-es du camp et aux exilé-es, écrit dans un communiqué :

    « Son action témoigne malheureusement du niveau de désespoir que des gens à travers tout le pays ressentent vis-à-vis de la violence ignoble du gouvernement à l’encontre des immigrés, notamment via l’utilisation de camps de détention pour enfermer les migrants vivant aux États-Unis ou ceux qui tentent d’y trouver asile. Cette mort découle de l’incapacité du gouvernement fédéral à répondre à la colère et au désespoir ressenti face aux horreurs qui se déroulent à la frontière et à l’intérieur du pays. »

    Un rassemblement en hommage à Will Van Spronsen a été organisé dans la ville d’Olympia le soir de sa mort. Les camarades présent-es ont revendiqué la fin du système concentrationnaire, des contrôles aux frontières et des déportations.

    Feu aux centres de rétention et aux camps de concentration ! Rest in power, Will Van Spronsen.

    Sorce : LA ROTATIVE ► https://larotative.info/un-anarchiste-americain-abattu-par

    Voici la traduction de son manifeste expliquant ses actions. La version originale en anglais est ici.

    " Il y a l’injustice et il y a la justice. il est temps de passer à l’action contre les forces du mal. le mal dit qu’une vie vaut moins qu’un autre. Le mal dit que les flux commerciaux sont notre raison d’être. le mal dit que les camps de concentration pour les personnes « moindres » sont nécessaires. les serviteurs du mal disent que les camps de concentration devraient être plus humains. Prenez garde aux centristes.

    J’ai le cœur brisé d’un père j’ai un corps démoli et j’ai inébranlablement horreur de l’injustice c’est ce qui m’amène ici.

    C’est mon opportunité pour essayer de faire la différence, et je serais ingrat si j’attendais une invitation plus évidente.

    J’ai eu trois professeurs : Don Pritts, mon guide spirituel, « l’amour sans action n’est qu’un mot ». John Brown, mon guide moral, « nous avons besoin d’action ! » Emma Goldman, mon guide politique, « si je ne peux danser, je ne veux pas en être, de ta révolution »

    Je suis un rêveur avec la tête dans les nuages, je crois à l’amour et à la rédemption. je crois que nous allons gagner.

    Je suis joyeusement révolutionnaire. (nous aurions tou·te·s dû lire emma goldman à l’école au lieu de lire les imbécilités chauvinistes qu’on nous servait. Mais je referme cette parenthèse), (nous devrions tous regarder des photos des héroïnes de l’YPJ lorsque nous doutons et pensons que nos rêves sont impossibles, mais je rereferme cette parenthèse.) en ces jours où des hooligans fascistes s’attaquent aux personnes vulnérables dans la rue, au nom de l’État ou soutenus et défendus par l’État,

    En ces jours de camps de rétention / concentration hautement lucratifs et de bataille de sémantique, en ces jours de désespoir, de quêtes vides et de désirs sans fins,

    Nous vivons dans un ascendant fasciste visible. Je dis visible, car ceux·elles qui prêtaient attention l’ont vu survivre et prospérer sous la protection de l’état pendant des décennies. (voir Howard Zinn, Une histoire populaire des ÉtatsUnis.) maintenant, ce fascisme suit son propre agenda de façon assumée, avec la coopération entière du gouvernement. des gouvernements partout dans le monde.

    Le fascisme sert les besoins de l’État sert les besoins du business et à vos frais. Qui en bénéficie ? Jeff Bezos, Warren Buffet, Elon Musk, Tim Cook, Bill Gates, Betsy de Vos, George Soros, Donald Trump, dois-je vraiment continuer ? Laisse-moi le dire encore une fois : les mecs riches, (qui pensent que tu n’es pas vraiment bon) aiment les gouvernements (tous les gouvernements partout, même les gouvernements « communistes ») car ce sont eux qui établissent les règles pour enrichir les mecs riches. C’est simple.

    N’y réfléchis pas trop. (les patriotes au fond, vous prêtez attention ?)

    Je suis un homme qui vous aime tou·te·s tellement que je vais réaliser mon rêve d’enfant d’être plus noble.

    Le voici, dans les entreprises à profit qui tiennent les camps de concentration. le voici, avec les personnes racisées et non conformes qui ont la trouille de montrer leur visage par peur de la police/des services de migration/des proud boys/des beckies [1]…

    Le voici, une planète presque consommée par l’avarice du marché. Je vois les choses en noir et blanc. Les camps de rétention sont une abomination. Et je ne vais pas laisser faire.

    Je ne devrais vraiment pas en dire plus. J’ai mis de côté mon cœur brisé et je guéris de la seule façon que je connais – je me rends utile. Je comportementalise efficacement ma douleur… et je me mets joyeusement à la tâche (pour ceux·elles accablé·e·s par le poids et les décombres de mes actions, j’espère que vous ferez le meilleur usage possible de ce poids.)

    À mes camarades : je regrette que je louperai le reste de la révolution. Merci pour l’honneur d’avoir été parmi vous.

    M’offrant l’espace pour me rendre utile, pour sentir que j’accomplissais mes idéaux, ça a été le sommet spirituel de ma vie.

    Faire ce que je peux pour défendre mon peuple précieux et incroyable est une expérience trop riche pour pouvoir la décrire.

    Mes camarades trans m’ont transformé, ont solidifié mes convictions que nous allons être guidé·e·s vers un futur rêvé par les personnes les plus marginalisées parmi nous. J’en ai rêvé si clairement que je n’ai aucun regret de ne pas le voir se matérialiser. Merci de m’avoir mené si loin. Je suis antifa, et je suis aux côtés des camarades partout dans le monde qui agissent depuis leur amour de la vie dans toutes ses permutations. Des camarades qui comprennent que la liberté veut dire la réelle liberté pour tou·te·s et une vie valant la peine d’être vécue.

    Gardez espoir ! Tout le pouvoir au peuple ! manifeste audio bella ciao : theSuper8.bandcamp.com

    Ne laissez pas les agences ridicules du gouvernement gâcher de l’argent pour « m’enquêter ». J’ai été radicalisé en cours d’éducation civique à l’âge de 13 ans lorsqu’on nous a appris ce qu’était le collège électoral. C’était à ce moment-là que j’ai décidé que le statu quo n’était qu’un « château de cartes ». Mes lectures consécutives ont confirmé cette intuition. Je recommande vivement la lecture ! Je ne suis pas affilié à une organisation, je me suis désaffilié de toute organisation qui n’est pas d’accord avec mes choix tactiques.

    L’arme semi-automatique que j’ai utilisée était un « ghost » AR15 de basse qualité, non enregistrée et faite maison, avec six chargeurs. J’encourage vivement les camarades et futur·e·s camarades de s’armer. Nous sommes responsables de défendre les personnes de l’État prédateur : ignorer la loi en vous armant si vous en avez la possibilité. Moi, je l’avais.

    [​IMG]

    Notes

    [1] Personnes blanches les dénonçant à la police, NdT
     
  14. Uchronie

    Uchronie Membre actif

    Wahhh,Psychopat & Fluide glacial (BD) qui perdurent et subsistent !
    Avant les nostalgies il y avait
    Pilote,Hara-Kiri et l'echo des savanes pour les bédèphiles aussi.

    Le Québec 'libre' ça lit quoi dans ce style ???
    Môa je survole des PDF de
    J.J.Proudhon et un traité de E.Junger mais y'a pas de vignettes et pas de phylactères, c'est moins drôle...
    Bakounine et l'abrégé du capital de Marx sont des classiques.
    Contemporainement il y a quoi comme littérature révolutionnaire en dehors des critiques de Bégaudeau....pour savoir ???
     
  15. freedomcat

    freedomcat Membre actif


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    Je l'ai fini hier soir ""Salut à toi ô mon frère" de Marin Ledun

    J'ai adoré! Ne connaissant pas l'auteur j'ai pris ce livre en rapport du titre à la chanson "salut à toi" de Bérus ...Eh bien pas déçu de cette agréable et chouette lecture :)

    Résumé :
    La grouillante et fantasque tribu Mabille-Pons : Charles clerc notaire pacifiste, Adélaïde infirmière anarchiste et excentrique. Les enfants libres et grands, trois adoptés. Le quotidien comme la bourrasque d’une fantaisie bien peu militaire.

    Jusqu’à ce 20 mars 2017, premier jour du printemps, où le petit dernier manque à l’appel. Gus, l’incurable gentil, le bouc émissaire professionnel a disparu et se retrouve accusé du braquage d’un bureau de tabac, mettant Tournon en émoi.

    Branle-bas de combat de la smala ! Il faut faire grappe, retrouver Gus, fourbir les armes des faibles, défaire le racisme ordinaire de la petite ville bien mal pensante, lutter pour le droit au désordre, mobiliser pour l’innocenter, lui ô notre frère.
    Salut à toi ô mon frère - Romans noirs - Série Noire - GALLIMARD - Site Gallimard
     
    Dernière édition: 27 Juillet 2019
  16. Uchronie

    Uchronie Membre actif

    Merci, pour le synopsis ...

    --- Inspiré par une compo du concerto pour détraqué. e.s des BxN... ------------

    Slt à toi !
     
  17. freedomcat

    freedomcat Membre actif


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    Le féminisme est-il héréditaire?
    Réponse de Viv Albertine, du groupe punk The Slits



    Ancienne guitariste et parolière du groupe punk féminin The Slits, Viv Albertine a opéré une reconversion magistrale en tant qu’écrivaine. Son deuxième livre, À Jeter sans ouvrir, vient de paraître. Rencontre.


    Pour une poignée d’irréductibles, Viv Albertine est encore l’ex-guitariste des Slits, avant tout. Mais petit à petit, elle pourrait devenir la plus punk et indispensable des autrices, un point c’est tout. À 64 ans, l’Anglaise vient de sortir son deuxième livre, À Jeter, sans ouvrir (Buchet/Chastel). Un ordre qu’il faut bien entendu ignorer, comme si elle incitait ses lecteur·rice·s, dès la couverture, à braver les injonctions. Ce que la musicienne devenue écrivaine a toujours fait. Après avoir raconté sans filtre la grandeur et la décadence de ses années punk, ses innombrables FIV, son cancer de l’utérus et sa difficile reconversion en desperate housewife dans De Fringues, de musiques et de mecs en 2014 -sûrement l’un des meilleurs et des plus sincères bouquins jamais écrits sur l’envers du rock, qui vient d’être édité en poche-, Viv Albertine s’attaque à la psyché familiale dans ce second texte autobiographique.

    Ma mère a fait de moi une personne qui n’a pas peur d’être coincée sur la chaussée entre les voitures qui filent dans les deux sens.”

    En sondant son passé et celui de ses aîné·e·s, en racontant la vie et la mort de sa mère, Viv Albertine dessine un arbre généalogique de la colère et s’intéresse à l’hérédité des luttes -de classe, mais surtout de genre. Chez les Albertine, l’indépendance et le féminisme se transmettent de mère en fille, et l’écrivaine se fait un devoir de partager avec les plus jeunes générations -dont sa fille de 20 ans fait partie- ses complexes, ses échecs et ses sorties de route, pour éclairer leur chemin vers l’acceptation de soi, la culture de la différence en ligne de mire. Avec son honnêteté indéboulonnable, sa langue crue et sa formidable capacité à trousser des métaphores drôles, poétiques et extraordinairement visuelles, Viv Albertine creuse un style unique qui manque à l’époque. “Ma mère a fait de moi une personne qui n’a pas peur d’être coincée sur la chaussée entre les voitures qui filent dans les deux sens”, écrit-elle. Pour les jeunes filles et femmes que nous sommes, elle est à son tour cette main qui nous pousse au milieu de la route. Sans attendre que le petit bonhomme passe au vert.



    Quel a été le point de départ ce nouveau livre?

    L’écriture de mon premier ouvrage a été si douloureuse, que je ne me sentais pas capable d’en attaquer un autre. Et puis, un jour, j’ai ressenti le besoin d’avoir quelque chose dans ma vie, un ancrage, et j’ai de nouveau envisagé l’écriture d’un livre. Dans mon idée, il s’agissait d’un roman. Il devait parler d’une femme d’un certain âge que la colère allait mener au meurtre. Après trois mois d’écriture, j’ai réalisé que cette femme, c’était moi. Je me suis dit que je ne devais pas écrire une fiction, mais la vérité sur l’origine de ma colère. Car elle m’a toujours embarrassée.

    Pourquoi?

    J’ai passé ma vie en colère. Désormais, c’est un peu plus acceptable de l’être quand on est une femme, mais avant, c’était considéré comme la chose la plus horrible qui soit pour une fille. Je suis née dans les année 50, et j’ai été élevée dans les années 60 et 70. On ne réalise pas à quel point ces époques étaient old school en ce qui concerne les femmes. C’était presque encore comme dans les années 40. On attendait d’une fille qu’elle affiche un sourire en permanence, qu’elle facilite la tâche aux hommes, qu’elle se soumette à eux.

    Je n’en peux plus, que les femmes soient encore et toujours écrasées.

    Qu’est-ce qui t’a finalement poussée à aborder ce sujet qui te gênait?

    Depuis l’écriture de mon précédent livre, j’ai compris que si l’on ressent de l’anxiété à l’idée d’écrire sur quelque chose, c’est qu’il doit y avoir une vérité universelle là-dessous. J’ai donc espéré qu’en écrivant honnêtement sur moi et ma famille, cela résonne chez les gens. Je me suis dit que je n’étais sans doute pas la seule chelou sur cette planète. En creusant dans le privé, je me suis d’abord dirigée vers ma mère, puis ma grand-mère, puis la Seconde Guerre mondiale… Je me suis aperçue que beaucoup de choses que je pensais étrangères à ma vie l’avaient en réalité affectée.

    Par exemple?

    De nos jours, les jeunes sont éduqué·e·s dans l’idée de chercher le bonheur, de suivre leurs rêves, d’être uniques et différent·e·s -il n’y a qu’à voir tous ces t-shirts à messages! Moi, j’ai été élevée par des parents qui ont connu la Seconde Guerre mondiale, et dans ce contexte on ne dit pas à ses enfants d’être heureux, on n’a pas cette mentalité. Mes grands-parents et mes parents ne montraient pas d’amour, ils ne nous touchaient pas et ne nous disaient pas ‘je t’aime’. Ma mère a réalisé vers la fin des années 80 qu’elle ne me l’avait jamais dit, et elle en était très embarrassée. Elle s’en est excusée, d’ailleurs. J’ai donc essayé de retracer toutes les raisons qui m’ont menée à être une fille en colère, une ado en colère puis une vieille femme en colère. Ce n’est pas seulement lié à ma mère, mais aussi à l’environnement, au patriarcat, et à la classe ouvrière dont je suis issue. C’était très intéressant, de tirer tous ces fils.



    [​IMG]



    Dans quelle mesure ton livre a-t-il joué pour toi le rôle d’une thérapie?

    En tout cas, il n’a pas réglé mes difficultés familiales. Mais, grâce à lui, je les ai comprises. Et comprendre les gens, c’est cesser de les haïr. Donc, je crois qu’il a chassé la haine. Ma colère, en revanche, est intacte. Pas contre ma famille, mais contre le monde, le patriarcat. Je n’en peux plus, que les femmes soient encore et toujours écrasées. je n’en peux plus, d’essayer d’être créative depuis 60 ans, et qu’on veuille sans cesse me faire taire, de mille et une façons. Ma mère m’a appris à être en colère contre cette injustice, elle passait son temps à dénoncer les inégalités entre les hommes et les femmes, elle me poussait constamment à m’interroger sur l’absence de femmes à la télé, au cinéma… Je n’ai réalisé que vers mes 16 ans qu’elle m’avait en quelque sorte radicalisée, que j’étais gonflée à bloc par le sentiment d’injustice et la colère.

    Ta mère a traversé des moments très difficiles, elle a dû abandonner son premier enfant et a subi la violence de son mari. Son personnage, pourtant, n’est pas tragique. Comment l’as-tu écrit?

    Je n’y ai pas tellement réfléchi, il s’est construit au fil de la plume. J’ai essayé d’être le plus fidèle possible à tous les personnages du livre: du boyfriend stupide à mon mari, en passant par moi-même. Surtout moi-même. Je voulais être absolument honnête à mon sujet. Je me suis dit qu’il n’y avait aucun intérêt à écrire un livre si j’édulcorais quoi que ce soit: être dans un groupe, tomber amoureuse, avoir des rapports sexuels, mes relations avec ma mère ou avec ma soeur. Il me semble que cette franchise, c’est ce dont les gens -surtout les plus jeunes-, ont besoin. Le truc génial quand on est plus vieille, c’est qu’on se sent beaucoup plus libre de dire ce genre de choses.

    Tu parles notamment de tes poils, d’avoir la diarrhée ou la trouille de péter au lit avec un mec… Est-ce pour toi une sorte de “devoir féministe” d’aborder frontalement ces sujets?

    Oui. Quand je suis partie en week-end avec cet homme et que j’ai eu peur de péter au lit, j’avais pris avec moi trois tonnes de maquillage et j’avais mis des jours à me préparer, et ça m’a questionnée. Je me suis dit ‘mais comment puis-je me dire féministe alors que je fais ça?’ Et j’ai réalisé que ça se joue toujours à mi-chemin entre la personne que l’on essaie d’être et celle que l’on est vraiment. Cet écart, c’est là qu’il y a quelque chose d’intéressant. J’ai toujours voulu être jolie, plaire, et j’ai toujours eu honte de ça, particulièrement au sein des Slits. Les autres filles du groupe n’étaient pas très compréhensives à cet égard, elles étaient assez manichéennes. Je me suis toujours sentie coincée entre l’envie de me fondre dans le moule et d’attirer les hommes, d’être acceptée par le patriarcat, et la haine de ça et l’envie de le réduire en miettes.

    Les filles sont fortes et intelligentes. On ne devrait pas les protéger autant.

    C’est la difficulté d’être une féministe hétérosexuelle…

    Oui, c’est ça. C’est une souffrance sans nom! (Rires.) Heureusement, désormais, j’ai laissé tomber, je suis asexuelle. Mais pour en revenir à ces sujets, oui, mes poils, j’en ai eu honte toute ma vie. Et c’est encore une fois cette anxiété à l’idée de parler de quelque chose qui indique que le sujet est intéressant. Il y a plein de sujets comme ça. La mort par exemple, on n’en parle jamais honnêtement. Les relations familiales, idem. La scène du week-end et de l’insomnie par peur de péter au lit, mon éditeur voulait que je la retire. Je lui ai demandé pourquoi et j’ai eu beaucoup de mal à obtenir une réponse. À la fin, il a fini par me lâcher entre les lignes que ce passage compromettait la coolitude de mon image en tant que “Viv Albertine des Slits”. En réalité, beaucoup de jeunes femmes sont venues me voir en me disant qu’elles adoraient cette scène! Elle évoque la souffrance d’essayer d’être une femme. De conserver coûte que coûte cette façade que les hommes ont créée de toutes pièces.

    Ta mère fait des sorties assez drôles comme “un homme, pour quoi faire?”. Se définissait-elle comme féministe?

    Lorsque les années 70 sont arrivées et qu’elle a entendu parler de Germaine Greer et de la deuxième vague du féminisme, elle a commencé à se définir comme telle. Mais avant cela, elle n’était pas vraiment politisée. Elle était elle-même politique en un sens, car elle appartenait à la classe ouvrière mais questionnait l’autorité masculine. Et ça, c’était inhabituel. Ça ne lui a vraiment pas simplifié la vie de toujours questionner les hommes et l’autorité, et à moi non plus. Cela a toujours effrayé les hommes que je rencontrais, les a empêchés de m’aimer ou les a poussés à me rejeter. Ça a toujours déstabilisé les gens qui détenaient le pouvoir, comme mon directeur, mon dentiste… Quand j’étais dans mon groupe, je me suis même fait attaquer, j’ai pris des coups pour ça. Et plus tard, quand j’étais réalisatrice à la BBC, idem, j’ai eu des soucis avec beaucoup d’hommes différents. Je n’arrive pas à jouer le jeu. Je ne peux pas les laisser monopoliser la parole ou le pouvoir, je n’y arrive pas.

    Quel personnage de mère t’a marquée dans la littérature?

    J’ai beaucoup lu Colette et notamment Sido, où elle parle de sa mère. Au départ d’ailleurs, je voulais appeler ma fille Sidonie, en référence à elle. Ma mère, c’est difficile de trouver une femme à qui la comparer. Elle était assez unique en son genre. Elle m’a laissé une telle liberté; c’était totalement inhabituel pour l’époque… Et dangereux! Mais j’ai survécu. Et je pense que c’est intéressant à noter pour toutes les mères -moi la première, puisque j’ai une fille de 20 ans que je protège beaucoup: les filles sont fortes! Elles sont intelligentes. On ne devrait pas les protéger autant.

    Les garçons et les hommes ne sont pas élevés pour se sentir à l’aise aux côtés d’une femme passionnée et honnête, avec un égo important, qui fait passer son travail avant tout le reste.

    Dans ton livre, tu brises aussi le tabou de la solitude. Tu as l’impression qu’il est moins bien accepté pour les femmes de vieillir seules?

    Je ne sais pas… En revanche, pour avoir grandi au milieu d’hommes artistes ou musiciens, je sais qu’ils trouvent tous, quand ils vieillissent, une jeune, gentille et jolie partenaire qui les accompagne partout, qui les attend à leur descente de scène, ou qui les laisse tranquillement peindre, être asociaux et égoïstes… Et l’inverse est impossible à trouver. Je connais beaucoup de femmes artistes, de tous les âges, et elles sont presque toutes célibataires. Car les garçons et les hommes ne sont pas élevés pour se sentir à l’aise aux côtés d’une femme passionnée et honnête, avec un ego important, qui fait passer son travail avant tout le reste. Mon mari n’a pas pu le supporter. Si j’avais bien gagné ma vie et que j’avais eu un travail classique, il aurait pu l’accepter. Mais c’était trop difficile pour lui que je prenne le temps d’expérimenter, que j’échoue, que je recommence. Cette espèce de caractère obsessionnel inhérent à la vie d’artiste, les hommes ne peuvent pas l’accepter chez une femme. Même de nos jours. Je suis donc très prudente avec les jeunes femmes que je rencontre et j’essaie de ne jamais trop les pousser à devenir artistes, à choisir ce chemin alternatif. Car il y a des conséquences.

    Ta fille a 20 ans. D’après toi, que reste-t-il encore à conquérir pour sa génération?

    Sa génération est bombardée d’informations, au point qu’il devient difficile pour les plus jeunes de se concentrer. Je sais d’expérience qu’on peut vite se retrouver à l’âge de 35 ou 40 ans et se dire que tout ce temps, on a été distrait·e. On arrive au milieu de la vie sans avoir réalisé ce que l’on voulait faire, parce qu’on a passé son temps à lire ceci, à suivre cela. Il me semble important “d’éditorialiser” sa vie. C’est comme si tu étais au milieu d’une immense bibliothèque: tu pourrais passer des années à lire tous les livres qui s’y trouvent et te perdre, au point d’oublier de vivre. Il faut donc faire les bons choix. Je me rends compte que chaque décision que j’ai prise -c’est un peu flippant d’ailleurs- a eu des répercussions pendant des années. Tu veux monter un groupe avec quatre personnes? Alors tu as intérêt à les choisir méticuleusement. Car, en vrai, 40 ans plus tard, elles sont toujours dans ta vie.

    Est-ce que ta fille se définit comme une féministe?


    Oh oui, totalement. J’ai l’impression que sa génération n’a plus peur de ce mot. Dans les années 70, tout le monde caricaturait les féministes pour en faire les ennemies numéro un. Elles étaient forcément laides, poilues… Ce n’est plus le cas maintenant: Beyoncé est féministe, les jeunes ont quelques role models auxquels se rattacher. À mon époque, quand les journalistes voyaient mon groupe sur scène, ils n’avaient jamais vu de filles jouer de la guitare ou de la batterie. Pour eux, nous étions des féministes, pas des musiciennes. On ne pouvait pas être les deux à la fois.



    Propos recueillis par Faustine Kopiejwski

    Le féminisme est-il héréditaire? On a demandé à Viv Albertine, la plus punk des autrices
     
    Dernière édition: 8 Août 2019
  18. dawa

    dawa Membre du forum


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    19 Février 2012
    France
    salut, suite au décès de Toni Morrison, la semaine dernière, je relis " le chant de Salomon ", un pur bijou, a mettre entre toutes les mains...ciao a tutti, dawa
     
    freedomcat apprécie ceci.
  19. freedomcat

    freedomcat Membre actif


    463

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    89

    Yep! Merci de la recommandation dawa
     
  20. DodSno

    DodSno Nouveau membre


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    31 Juillet 2019
    Homme
    Normandy, France France
    Des recommandations de lecture sur le mouvement punk ?
     

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