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Discussion dans 'Musique, scène punk et skinhead' créé par Mamelon, 20 Août 2009.

  1. freedomcat

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    28 Novembre 2017
    Occitanie, France France
    Si tu peux faire un retours, ce sujet m’intéresse
    Tu connais le collectif pièce et main œuvre ?
     
  4. nico37

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  6. freedomcat

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    Un tri dans la nuit: nos corps dissidents, entre validisme et Covid-19

    Elena Chamorro, enseignante universitaire, activiste et co-fondatrice du CLHEE (Collectif lutte et handicaps pour l’égalité et l’émancipation), évoque ici l'épidémie de Covid-19,
    le scandale du tri des patients dits « fragiles » dans les hôpitaux et l'espoir de faire avancer le combat contre le validisme.

    [​IMG]


    À lire de toute urgence ici, témoignage accablant

    :emoji_point_down:

    Un tri dans la nuit: nos corps dissidents, entre validisme et Covid-19
     
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  7. nico37

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  8. servina

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    en se moment je lis la trilogie du cycle du non-a de A.E Van Vogt. C'est de la science fiction.
     
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  9. freedomcat

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    GLOBALISATION DE LA CONTESTATION

    Au Brésil, militants antifascistes et mouvements d’émancipation défient le président Bolsonaro

    PAR RACHEL KNAEBEL 3 JUIN 2020

    [​IMG]

    Pendant que les États-Unis se soulèvent contre le racisme, au Brésil, des clubs de supporters de foot antifascistes manifestent contre le président d’extrême droite et convergent avec d’autres mouvements sociaux.

    Tout est parti d’une attaque de militants d’extrême droite contre des supporters de foot du mythique club Corinthians, de São Paulo – club dont les joueurs et les supporters étaient à la pointe de la lutte contre la dictature militaire au début des années 1980 [1]. Ce 31 mai, en réaction à cette agression, des groupes antifascistes de supporters de foot ont manifesté contre le président brésilien Jair Bolsonaro et pour la démocratie dans plusieurs grandes villes du Brésil : São Paulo, Rio de Janeiro, Porto Alegre, Curitiba, Belo Horizonte, Salvador… « En utilisant la pandémie pour faire avancer son projet autoritaire, Bolsonaro pousse le Brésil au bord du gouffre », a déclaré la députée fédérale du parti de gauche PSOL Sâmia Bomfim, qui a manifesté aux côtés des supporters à São Paulo, au journal El Pais Brasil [2]. La manifestation pauliste a été violemment dissipée par la police, rapportent des journaux brésiliens [3].

    À Rio de Janeiro, les groupes de supporters défilaient aux côtés des activistes du mouvement noir. La manifestation a également été réprimée. Les activistes y ont repris le slogan « Les vies noires importent », clamé par le mouvement Black Lives Matter né aux États-Unis, pour protester contre les homicides commis par la police dans les favelas. Un jeune adolescent noir, João Pedro Matos Pinto, 14 ans, a été tué mi-mai dans son salon par une balle dans le cadre d’une intervention policière. « Droit de tuer », titrait le New York Times le 18 mai, analysant dans un reportage les très nombreux cas d’homicides perpétrés par les forces de police dans les quartiers pauvres de Rio : 1814 personnes ont été tuées par la police l’année dernière, rien qu’à Rio.

    En tout, 6200 personnes ont été tuées par les forces de l’ordre brésiliennes en 2018, un chiffre tragiquement spectaculaire, en en constante augmentation, au point que certains observateurs évoquent des « exécutions extrajudiciaires de masse ». Les victimes de violences policières létales sont en grande majorité noires, et jeunes (moins de 29 ans), selon les données recueillies par l’Observatoire de la démocratie brésilienne.

    Des dizaines de demandes de destitution
    Un manifeste pour la démocratie lancé fin mai a recueilli plus de 250 000 signatures. « Nous sommes des citoyens, des entreprises, des organisations et des institutions brésiliennes et nous faisons partie de la majorité qui défend la vie, la liberté et la démocratie », déclare le manifeste. « Nous exigeons que nos représentants et dirigeants politiques exercent leur rôle avec détermination et dignité face à la crise sanitaire, politique et économique dévastatrice que traverse le pays », dit le texte qui appelle à l’union de la gauche, du centre et de la droite pour défendre la démocratie face au président d’extrême droite et à son gouvernement composé en partie de militaires. « Nous avons des idées et des opinions différentes, mais nous partageons les mêmes principes éthiques et démocratiques. »

    [​IMG]

    Au Parlement, plus de 30 demandes de destitution du président ont été déposées. Au Brésil, n’importe quel citoyen peut déposer une demande d’« impeachment ». Le Parlement n’est pas obligé de les examiner, mais celles-ci s’accumulent depuis plusieurs semaines. Le site d’informations Agência Pública les a listées. Certaines sont déposées par des partis de gauche, une par l’association de la presse brésilienne. D’autres viennent d’anciens alliés de Bolsonaro, ou encore de citoyens, comme des avocats et des médecins.

    Les raisons de leurs demandes d’« impeachment » sont diverses. Plusieurs réclament la destitution du président pour avoir interféré avec une procédure de la police fédérale (c’est la raison qu’a donnée l’ancien ministre de la Justice, Sergio Moro, pour justifier sa démission, fin avril). Plusieurs demandes visent l’attitude du président dans la pandémie : comme son homologue Donald Trump, il nie la dangerosité du virus, refuse les mesures de confinement, prend des bains de foule pendant que le nombre des infections monte en flèche. Les cas de contaminations enregistrées ont dépassé le demi-million, avec au moins 30 000 morts - des chiffres très largement sous-estimés. D’autres procédures se réfèrent aux attaque de Bolsonaro contre la presse, à ses apologies de la dictature militaire, à sa présence dans des manifestations antidémocratiques.

    Il y a quelques jours, le président brésilien a fait référence à Mussolini, le dictateur fasciste italien. Lorsque Trump a annoncé dans un tweet vouloir déclarer le mouvement « Antifa » – dont les militants états-uniens participent aux manifestations de révolte contre la mort de George Floyd, tué par la police à Minneapolis – comme une organisation terroriste, le fils de Bolsonaro, lui-même député fédéral, a dit que le Brésil devrait faire de même. Les mouvements antifascistes brésiliens annonce de nouvelles manifestations dans les jours à venir dans tout le pays.

    Rachel Knaebel (avec Ivan du Roy)

    Photo d’archive (2019)/ CC Midia Ninja

    Notes
    [1] Lire notre article : Quand des stars du foot risquaient leur carrière, voire leur vie, pour la démocratie et la justice.

    [2] Lire ici, en portugais.

    [3] Voir sur El Pais Brasil.

     
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  10. freedomcat

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    [A lire]

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    "Non, une garde à vue ne vous oblige pas à déverrouiller votre smartphone :

    La presse française revient sur une décision du Conseil constitutionnel en affirmant qu'il est maintenant obligatoire de donner le code de son smartphone en garde à vue.

    C'est inexact.
    Si le droit français contient bien une telle disposition, son utilisation est encadrée et requiert plusieurs conditions pour s'en servir.

    « En garde à vue, le droit au silence s’arrête au code de son téléphone »,

    « Les gardés à vue seront désormais obligés de donner leur code de téléphone »
    ou bien
    « Un gardé à vue doit donner les codes de son smartphone » :

    Ces titres, ce sont ceux d’articles qui ont émergé cette semaine dans la presse française, en l’occurrence de France Info et du Parisien, à la suite d’un sujet du Monde, publié le 16 avril.

    Ces multiples papiers reviennent sur une décision du Conseil constitutionnel, rendu le 30 mars dernier, qui est, selon ces différents médias, passé largement inaperçue (pas tout à fait en réalité : des sites comme Next Inpact et Numerama ont fourni le jour même des explications sur les tenants et les aboutissants de cette décision), ou même complètement inaperçue.

    À en croire ces articles, quiconque se trouvant en garde à vue aurait donc désormais l’obligation de livrer aux forces de l’ordre le code de déverrouillage de son téléphone, afin de permettre aux enquêteurs de fouiller son contenu. Dans le cas contraire, un refus exposerait le récalcitrant à de très graves ennuis judiciaires, le code pénal prévoyant des sanctions particulièrement lourdes.

    En effet, les dispositions juridiques dont il est question figurent à l’article 434-15-2 : il est prévu une peine de prison maximale de 3 ans et une amende 45 000 euros pour celles et ceux refusant de remettre la clé de déverrouillage si le moyen de cryptologie qui y est associé est « susceptible d’avoir été utilisé pour préparer, faciliter ou commettre un crime ou un délit ».

    Le plafond passe à 5 ans de prison et 75 000 euros d’amende s’il est avéré que le refus de fournir ce code « aurait permis d’éviter la commission d’un crime ou d’un délit ou d’en limiter les effets ».
    Le droit fait même du chiffrement une circonstance aggravante si « un moyen de cryptologie […] a été utilisé pour préparer ou commettre un crime ou un délit, ou pour en faciliter la préparation ou la commission ».

    C’est cet article 434-15-2 que le Conseil a jugé conforme à la Constitution française à la fin du mois de mars.

    Pour autant, est-ce que cela veut dire que la compatibilité de cette disposition avec la norme juridique suprême du pays est un blanc-seing pour demander tout et n’importe quoi en garde à vue, sans que les autorités judiciaires ne soient à aucun moment dans la boucle ?

    Ce serait aller un peu trop vite en besogne.

    Une lecture attentive de la décision montre que si l’article est bien compatible avec le texte de 1958, l’instance a pris soin d’en encadrer la portée en ajoutant un certain nombre de conditions pour pouvoir l’utiliser effectivement contre une personne suspectée d’avoir commis un crime ou un délit et d’avoir utilisé dans ce cadre un service ou un terminal chiffré.

    Pour le dire en peu de mots, trois conditions sont demandées pour faire jouer l’article 434-15-2 : il faut démontrer que le suspect a connaissance du code de déverrouillage pour le service ou le terminal relatif au forfait qui lui est reproché ;
    il faut aussi prouver que cette demande a un intérêt pour l’enquête, avec l’existence de données chiffrées potentiellement liées à l’affaire et qui intéresseraient donc l’instruction.



    Enfin, et c’est un aspect très important, une telle exigence ne peut émaner que d’une autorité judiciaire.

    Les officiers de police judiciaire, aussi incompétents ou insistants soient-ils, ne sont pas une autorité judiciaire. L’ordre de fournir le code d’accès doit provenir, par exemple, d’un juge d’instruction, et à la condition que les deux autres critères soient aussi respectés.

    Dès lors, il paraît excessif d’affirmer que les gardés à vue sont aujourd’hui obligés de livrer le code de déverrouillage de leur smartphone et, par extension, le mot de passe pour lire en clair des données chiffrées.

    Trois conditions doivent en effet être remplies au préalable pour que l’obligation devienne effective.
    En outre, si rien ne permet de soutenir qu’un smartphone a pu être « utilisé pour préparer, faciliter ou commettre un crime ou un délit », raison pour laquelle un suspect est placé en garde à vue, il n’y a aucune obligation à fournir le code de déverrouillage.

    Ainsi, il paraît extrêmement peu probable que cette obligation puisse jouer, par exemple,
    dans une affaire d’outrage à agent public."

    https://www.numerama.com/politique/346522-non-garde-a-vue-ne-oblige-a-deverrouiller-smartphone.html
     
    Dernière édition: 16 Juin 2020
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  12. JimmyJazz

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    L'Etranger de Camus hier soir, et "L'Histoire des Idées Politiques: des temps modernes à l'époque contemporaine"

    L'introduction tenait du brûlot libéral mais j'ose espérer que l'opinion se nuance par la suite. Cela reste très instructif
     
  13. celadrel

    celadrel Uploadeur Membre actif


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    l'étranger:thumbsup:
     
  14. freedomcat

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    LA CULTURE DU VIOL N'EST PAS UN MYTHE, LA VIE DES FEMMES EST SEMÉE D'AGRESSIONS SEXUELLES


    Vers 8 ans, un baby-sitter de 20 ans, pour nous punir ma sœur et moi d’une soi-disant bêtise, nous a donné le choix: “C’est le baiser ou la fessée!” Évidemment, on a choisi le baiser. Sur la bouche.

    À 9 ans, un garçon de 13 ans m’a mis très vite et par-dessus ma jupe un doigt entre les fesses façon “olive”. Il rigolait, ne s’en cachait pas, et essayait de le faire à toutes les filles, c’était un “jeu”.

    À 9 ans, mon cousin de 11 ans m’a embrassée avec la langue, ça m’a plu alors j’ai fermé les yeux comme dans les films, et il m’a dit, humiliant: “Tu t’y crois, hein?” Je croyais qu’on faisait un truc d’amoureux, il a tenu à me faire comprendre qu’il m’imposait son envie.

    Vers 10 ans, ma tante nous disait de nous méfier de ce vieux grand-oncle aux mains baladeuses.

    Vers 10 ans, j’ai vu un exhibitionniste en rentrant de l’école. Les flics sont venus à la maison, j’ai été écoutée. Puis pendant des années, je suis retournée à l’école avec la peur au ventre, et le cœur battant, sans jamais repasser seule par “la rue de l’exhibitionniste”, malgré le détour.

    Vers 11 ans, un ami de mes parents nous disait des phrases du style: “Dis-donc, ça pousse!” alors que nous étions pré-ados. Il nous mettait très mal à l’aise.

    À 13 ans, un garçon de 15 ans, croyant sans doute que je dormais, a défait les boutons de ma chemise et m’a longuement malaxé les seins. Tétanisée, je n’ai pas réagi. Le lendemain, alors que je me blottissais contre mon grand cousin, avec le sentiment d’être protégée, le premier m’a glissé à l’oreille, le regard plein de mépris: “T’aimes ça, hein?” Pendant des années je me suis persuadée que c’était normal à cet âge-là, ces jeux-là.

    À 13 ans, le premier garçon avec qui je suis sortie m’a expliqué doctement ce qui était bien ou pas chez moi. “Alors tu as de jolis yeux, mais ton nez est trop grand, ta bouche trop fine…”

    “À 20 ans, après une fête arrosée, un mec avec qui j’étais sortie auparavant, et qui était maqué, est venu dans la chambre où je dormais avec une copine et m’a peloté les seins.”

    À 13 ans, le même m’a suppliée de sortir avec son copain, m’assurant que celui-ci était amoureux de moi. J’ai dit d’accord, c’était demandé si gentiment… Leur jeu était de s’échanger les conquêtes.

    À 14 ans, je n’osais pas refuser les pelotages de mon petit copain en public, même si ça me mettait mal-à-l’aise. Mais comme en privé j’en étais curieuse, je n’avais pas de raison de le repousser.

    À 17 ans, un mec est venu me “draguer” dans la rue, et comme je lui répondais en souriant, sa deuxième phrase fut de me demander si j’aimais la sodomie.

    À 18 ans, je portais un pantalon blanc, des mecs en bande derrière moi m’ont fait remarquer que j’avais un gros cul.

    À 19 ans, je rentrais d’une fête au petit matin, un mec m’a collée tout le trajet en voulant “sympathiser”, jusque dans l’entrée de mon immeuble, malgré mes rejets clairement exprimés. J’ai fini par m’en débarrasser en lui disant que je n’étais pas lavée, que j’avais super envie de faire caca et qu’en plus j’avais mes règles.

    À 20 ans, après une fête arrosée, un mec avec qui j’étais sortie auparavant, et qui était maqué, est venu dans la chambre où je dormais avec une copine et m’a peloté les seins. Je ne voulais pas réveiller ma copine, j’ai fait semblant de dormir, même pas choquée, juste un peu blasée.

    À 21 ans, en couple longue durée, je me forçais à faire l’amour régulièrement, même sans désir, parce que j’avais lu que la moyenne c’était deux fois par semaine. Une semaine sans libido, à mon âge, ça ne devait pas être normal, je devais prouver (me prouver) combien j’étais libre, combien j’aimais le sexe.

    À 23 ans, un soir je marchais avec mon amoureux, je portais une jupe et des bottes, des mecs nous ont croisés et ont dit en espagnol que j’avais l’air d’une pute. Je comprends l’espagnol, je les ai insultés.



    C’est normal ou pas, cette lassitude?
    J’ai essayé de me souvenir de tout, j’ai essayé de faire la liste des évènements sexistes qui m’ont construite. Bien sûr, entre chacun de ces souvenirs il y a eu des rires, de l’amour, de la tendresse, du soutien, de la sororité aussi. Bien sûr, je ne compte que les “incidents” qui m’ont déplu, mise mal à l’aise, donné un sentiment d’insécurité, humiliée, parfois marquée un peu plus que ça. Je laisse de côté les blagues sexistes auxquelles j’ai moi aussi pu rire, les chansons paillardes que j’ai chantées, les allusions sexuelles auxquelles j’ai su répondre du tac au tac, les dragues lourdes qui ne m’impressionnaient plus… Ce serait trop long.

    Je crois que je suis quelqu’un d’assez équilibré, j’ai plutôt confiance en moi, j’ai reçu beaucoup d’amour et j’ai eu une enfance heureuse, je suis blanche et j’ai grandi dans un milieu privilégié où l’on communiquait beaucoup. Quand je relis cette liste, quand je fais ce constat, auquel je ne pense jamais au quotidien (puisque tout cela est très normal, en fait), j’imagine que si rien de tout ça ne m’était arrivé, je serais sans doute encore plus équilibrée, encore plus confiante, j’aurais un rapport aux autres encore plus sain, je n’aurais peur de rien… Je serais Présidente depuis longtemps!



    C’est normal, ou pas, de s’habituer?
    Aujourd’hui j’ai 40 ans, trois enfants, je vis à la campagne… Je suis rarement seule et souvent en voiture, j’ai moins d’occasions de me faire emmerder. Et je suis aussi beaucoup plus forte, moins impressionnable, j’ai plus de répondant. Et je suis moins “fraîche”, bien sûr. J’ai 40 ans et je n’ai jamais été violée. Je me dis régulièrement que j’ai de la chance! Je suis beaucoup sortie, j’ai beaucoup bu, j’ai couché avec des inconnus, j’ai dragué… Aujourd’hui, les risques statistiques s’amenuisent au vu de la vie que je mène et de l’âge qui avance. Je suis à la moitié de ma vie et je n’ai jamais été violée, contrairement à près de 94 000 femmes majeures et 8 000 enfants chaque année en France: il se pourrait bien que j’en réchappe aussi pendant l’autre moitié. Non mais quelle chance! Je relis cette liste, et je trouve que j’ai vraiment de la chance.



    Non mais sérieusement, c’est normal cette vie?
    Maintenant, c’est pour mes filles que j’ai peur. Huit et 15 ans, ouf, pas de viol. Toujours pas. Je prie pour que ça dure, chaque année qui passe est un soulagement, chaque année qui passe, elles sont un peu plus fortes et équilibrées, c’est toujours ça de pris. Moi j’ai traversé, mais elles sont encore en équilibre, sur le fil, et je commence à leur lâcher la main… Je retiens mon souffle, je le retiendrai sans doute jusqu’à leurs 40 ans? Je relis cette liste, je me dis qu’elles ont de la chance, parce que j’ai l’impression qu’elles n’ont rien vécu de tout ça. Mais qu’est-ce que je sais de leur liste à elles? Qu’est-ce que je sais des mots qu’elles ont déjà entendus, des gestes qu’elles ont subis, des images qu’elles ont vues… Mes parents ne savent presque rien de ma liste, jamais je n’aurais osé leur en parler! Et pourtant, je suis sûre qu’ils m’auraient écoutée, et entendue, comme j’écoute mes filles. Je n’allais pas les emmerder avec ça… Puisque ce n’était rien.

    “J’ai de la chance d’être blanche, bourgeoise, cis et hétéro, de venir d’une famille aimante et équilibrée, d’avoir un mec cool. Mais est-ce normal de trouver que j’ai tant de chance?”

    J’ai peur aussi pour mon fils, et à mesure qu’il grandit, j’ai de plus en plus peur qu’il soit l’un des garçons de cette liste, un garçon qui n’a rien fait de mal, rien que la société punisse en tous cas. J’ai peur qu’il grandisse et que, comme eux, il ne se souvienne même pas d’avoir un jour, eu un geste ou une parole qui souligne sa domination masculine, et en imprègne la fille en face de lui. J’ai vécu tout ça, et je trouve que j’ai de la chance, parce que tout ça n’est rien, tout ça n’est pas grave. J’ai de la chance de n’avoir jamais été violée. J’ai de la chance parce qu’il a fallu que je me creuse un peu pour écrire cette liste, même si une grande partie est remontée assez vite. J’ai de la chance d’être blanche, bourgeoise, cis et hétéro, de venir d’une famille aimante et équilibrée, d’avoir un mec cool. Mais est-ce normal de trouver que j’ai tant de chance? De trouver que tout ça n’est rien? Est-ce normal de trouver tout ça normal?

    Si moi, qui suis si chanceuse, je peux lister plus d’une quinzaine de petits et grands évènements de ce type, cela signifie qu’ils font partie de la vie de la plupart des femmes. Avec cette liste, je dis: voilà ce que traversent au cours de leur enfance et de leur adolescence les femmes heureuses, équilibrées, chanceuses comme moi. Voilà ce qui constitue le quotidien “normal” d’une femme privilégiée. Voilà le haut de l’iceberg.

    Voilà pourquoi on est en colère.

    Voilà pourquoi on devient féministe.

    Voilà pourquoi on a envie de hurler.

    Voilà pourquoi on fait confiance aux autres femmes qui dénoncent les abus: parce qu’on les admire, même si la justice n’a pas été saisie, même si c’est sur Twitter, parce qu’on sait que c’est vrai, parce qu’on sait que ce ne sont pas des menteuses
    .

    Voilà aussi pourquoi il est plus que temps de renverser le patriarcat, et de cracher sur son cadavre.

    par Aline Baudry-Scherer
    Autrice des romans "Et ils vécurent heureux" et "Juste une chanson".

    Pour en savoir plus sur ce témoignage, suivre ce lien : ChEEk
     
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  15. freedomcat

    freedomcat Membre actif


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    [FRANCE]
    AbolirLaTaule

    Via l'Envolée :

    https://lenvolee.net/vous-lavez-laisse-bruler/


    «VOUS L’AVEZ LAISSÉ BRÛLER !"

    Réactions à la mort de Khaled en cellule à Villepinte le 23 juin 2020.
    LaPrisonTue

    arton12800.png

    Avec plus de 1 000 prisonniers entassés dans
    une prison de 587 « places », la maison d’arrêt de Villepinte en Seine-St-Denis est l’une des plus surpeuplées de France.

    Khaled, un prisonnier de 28 ans, est mort mardi soir dans l’incendie de sa cellule. Ses codétenus dénoncent une « bavure », soulignant que les matons ont tardé à intervenir en toute connaissance de cause. Ce n’est pas la première fois que l’administration pénitentiaire laisse crever quelqu’un dans sa cellule sans rien faire, loin de là : dernièrement, le 19 octobre et le 14 novembre 2019, deux prisonniers de la prison de la Santé sont ainsi morts brûlés dans leurs cellules ; les pompiers avaient mis plus de trois heures à intervenir. Sur les réseaux, beaucoup de prisonniers ont réagi à la mort de Khaled pour lui rendre hommage, raconter ce qui s’est vraiment passé et crier leur rage contre la prison, qui tue.


    Voici un témoignage trouvé sur Snapchat, légèrement condensé :

    « Je tenais à revenir sur la bavure de Villepinte – oui, j’ai bien dit une bavure. Equipe de nuit : une dizaine de [bip] de matons avec un [bip] de bricard… « personnel réduit » ! Toute cette putain d’équipe se tape des beuveries toute la nuit…
    Ils entendent une alarme : un des matons décide d’aller voir, prend son temps pour monter, va vers la cellule et voit la fumée, mais il ne peut pas ouvrir la porte car il n’a pas les clés : la nuit, seul ce [bip] de bricard les a. Le temps qu’il retourne voir le bricard et que tous ces [bip] agissent, trente minutes, voire plus, se sont écoulées entre le déclenchement de l’alarme et leur arrivée sur les lieux… C’est horrible. Trop dur, je trouve pas les mots. Combien de détenus et de détenues sont partis malgré eux grâce à ce système pénitentiaire et toutes leurs casquettes…
    Faites attention, vous êtes aucunement intouchables ; bande de [bip] de matons, vous l’avez laissé brûler ! Les nom et prénom de chaque membre de l’équipe de nuit, comment j’aimerais les avoir ! C’est impossible qu’ils s’en sortent avec un accident, c’est une bavure tellement répétée… »

    Un autre message sorti de Villepinte raconte plus en détail ce qui s’est passé et signale que plusieurs prisonniers intoxiqués par les fumées ont annoncé qu’ils allaient porter plainte contre les matons. Nous le résumons ici :

    « La fouille, à la base, c’était pas pour lui, c’était pour un autre. Ils sont passés à l’œilleton, ils sont venus et ils ont foutu le zbeul. Le mec, il s’est ouvert le ventre – les bras, en fait – en disant : « Regarde, je vais me tuer ! » Il s’est coupé, et puis il a mis le feu en disant :
    « Venez, venez ! », et ils voulaient pas venir… et le chef de détention, il s’est arraché – parce qu’il était là pour mener toutes ces fouilles. Il était là, et il l’a entendu ; je l’ai vu.
    Dès qu’ils ont fini de fouiller la cellule, le feu a éclaté. Le chef est revenu vers 21 heures, genre en jean-tee-shirt comme s’il n’était pas là avant, comme s’il n’était pas au courant de ce qui s’était passé. Mais en vrai, ils savent : ils peuvent bien vérifier les caméras. »

    Un appel à bloquer les promenades samedi a commencé à tourner sur les réseaux :

    « Blocage de promenade dans toutes les prisons de France pour manifester contre la mort de Khaled laissé brûler dans sa cellule samedi 27 juin ! PARTAGEZ LES FREROTS »

    Une cagnotte a été lancée pour soutenir les proches de Khaled :
    www.cotizup.com/pour-jesuiskhaled

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  16. freedomcat

    freedomcat Membre actif


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  17. KANAL

    KANAL Uploadeur Membre actif

    Je me replonge dans ma "bible cannabique", besoin de quelques renseignements pour soigner & bichonner mes plantes vertes !
    Ask ED .jpg
     
  18. blop

    blop Membre actif


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    28 Novembre 2017
    Occitanie, France France
    Je connais l’auteur mais pas le bouquin
    Elles on quoi tes plantes?
     
  19. KANAL

    KANAL Uploadeur Membre actif

    Des ptits vers vert fluo d'environ 1/2cm de long qui bouffent les feuilles & mini-têtes en formation.
    J'en ai éliminé manuellement mais ils reviennent ces "fumiers" !!
    Le coupable ...
    vers vert .jpg
    En cherchant, c'n'est pas un ver mais plutôt une race de chenille.
     
    Dernière édition: 2 Juillet 2020
  20. blop

    blop Membre actif


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    28 Novembre 2017
    Occitanie, France France
    Yep, de la chenille
    Cherches les œufs sous les feuilles et splash et au stade chenille, tu as le Bacillus thuringiensis qui les nique bien mais c'est un bacille qui craint la lumière, donc à pulvériser le soir
    Je suis pas aussi en avance
     
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