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MigrantEs sur la route de l’enfer

Discussion dans 'VIDÉOS: Concerts, documentaires, dvd, ...' créé par freedomcat, 23 Septembre 2018.

  1. freedomcat

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    TorturéEs, rackettéEs, venduEs comme des esclaves.
    Des dizaines de milliers de migrantEs finissent entre les mains des trafiquants en Libye, tandis qu’une bonne partie n’arrivent jamais à destination et meurent en route.


    Cliquez ici pour + d'infos https://asile.ch/2018/03/26/rts-2-15h-migrants-route-de-lenfer/


    Temps Présent - Migrants sur la route de l'enfer


     
    Dernière édition: 27 Mars 2019

  2. freedomcat

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    Enquête. Comment l’Europe et la Libye laissent mourir les migrants en mer :


    " Il y a un peu plus d’un an, le 6 novembre 2017, une fragile embarcation sombre en mer avec à son bord 150 migrants partis de Tripoli pour tenter de rejoindre l’Europe. La plupart d’entre eux sont morts. Avec l’aide de Forensic Oceanography – une organisation créée en 2011 pour tenir le compte des morts de migrants en Méditerranée – et de Forensic Architecture – groupe de recherche enquêtant sur les violations des droits de l’homme –, le New York Times a retracé le déroulement de ce drame, dans une enquête vidéo extrêmement documentée.

    Depuis l’accord passé en février 2017 entre la Libye et l’Italie, confiant aux autorités libyennes le soin d’intercepter les migrants dans ses eaux territoriales, le travail des ONG intervenant en mer Méditerranée avec leurs bateaux de sauvetage est devenu extrêmement difficile.

    Ces dernières subissent les menaces constantes des gardes-côtes libyens, qui, malgré les subventions européennes et les formations qu’ils reçoivent, n’ont pas vraiment pour but de sauver les migrants de la noyade.
    Ainsi, en fermant les yeux sur les pratiques libyennes régulièrement dénoncées par les ONG,
    l’Europe contribue à aggraver la situation et précipite les migrants vers la noyade, s’attache à démontrer cette enquête vidéo publiée dans la section Opinions du New York Times.
    Un document traduit et sous-titré par Courrier international. "




    Enquête. Comment l’Europe et la Libye laissent mourir les migrants en mer :

    [Attention : certaines images pourraient heurter la sensibilité des spectateurs.]


     
    Dernière édition: 12 Janvier 2019
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  3. freedomcat

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    Réfugiés morts sur la route des Balkans :

    En 2015, en Macédoine, un train a renversé plus de quatorze réfugiés. Parmi eux, Mahdi Mohebi, un jeune afghan âgé de 19 ans, qui a survécu à la catastrophe. Depuis l'accident, Mahdi n’a plus aucune nouvelle de son jeune frère Alireza. À Brême, il poursuit tant bien que mal son existence, dans une incertitude angoissante...

    D’autres familles qui ont perdu des proches dans ce drame sont en quête de réponses. Mais elles se heurtent au silence des autorités macédoniennes, peu enclines à collaborer. Leur dernier espoir : retourner sur la route des Balkans, afin de mener leur propre enquête.

    Reportage : Arté regards
    Allemagne
    Année :
    2018

    Réfugiés morts sur la route des Balkans
    [ Cette tragédie du 23 avril 2015 a fait 14 morts. ]


    Pour voir le doc', suivre ce lien : ARTE Regards - Réfugiés morts sur la route des Balkans | ARTE
     
    Dernière édition: 16 Février 2019
  4. freedomcat

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    Silence, on se noie

    Un reportage de Valérie Smadja - Marie-Agnès Peleran -Thierry Havard - Philippe Hervé

    Dix jours à bord de l'Aquarius, bateau affrété par SOS Méditerranée, une association co-créée par une marseillaise qui sauve les migrants en mer, au large de la Libye.

    Financé à 90% par des dons, il est au service d'une ONG qui refuse que des milliers de personnes meurent chaque année sous leurs yeux, aux portes de l'Europe.

    Dix jours à participer au sauvetage, nuit et jour, de canots en perdition. Dix jours pour recueillir des témoignages rares et précieux de migrants qui ont fui leur pays pour rejoindre la Libye puis qui ont fui ce pays pour échapper aux tortures qui ont cours dans ce pays instable.

    Silence, on se noie

     
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  5. freedomcat

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    Photographie

    " Troublantes photos d’enfants réfugiés dans leur sommeil

    Ces photos montrent le véritable tribut que la prochaine génération aura à payer après les crises que traverse le Moyen-Orient.


    Ce que nous retenons principalement des déplacements massifs de réfugiés et de migrants au Moyen-Orient sont des images de chaos : des marées humaines traversant la mer dans de trop petits bateaux, suppliant qu’on les laisse passer aux postes de contrôle frontaliers, courant parfois pour fuir des gardes armés brandissant leurs canons à eau. Au milieu de cette cacophonie, le photographe Magnus Wennman a choisi de regarder les instants de paix.

    « Where the Children Sleep », c'est photos qui montre la souffrance endurée par les plus jeunes réfugiés.

    Plus de 2,4 millions d’enfants syriens vivent comme des réfugiés, selon les données de l’UNICEF. C’est un peu plus de la moitié du nombre total de réfugiés qui ont fui la Syrie. De nombreux autres migrants ont quitté le Moyen-Orient pour fuir les conflits, la pauvreté ou la famine.

    Parmi ces enfants, nombreux sont ceux qui trimbalent leurs effets personnels et marchent des heures durant, sans pause, ou qui trouvent des petits boulots subalternes pour aider leur famille à tenir le coup financièrement. Beaucoup sont malades et affamés. Ils ont perdu leurs parents, leur maison, et toute chance de recevoir une éducation. Comme Wennman nous le montre, ces enfants ont été jusqu’à perdre un privilège que bon nombre d’entre nous prenons pour acquis : le droit de se coucher dans un endroit paisible. "...


    Lancer le diaporama : Troublantes photos d’enfants réfugiés dans leur sommeil

     
    Dernière édition: 27 Mars 2019
  6. freedomcat

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    [A LIRE] « Le drame humain qui se déroule en Méditerranée, on doit le faire connaître (...) Il ne s’agit pas simplement de flux migratoires mais d’êtres humains qui ont chacun une histoire de vie » Bérengère Matta , déléguée régionale de l’association humanitaire S.O.S
    Méditerranée


    Après Rennes et Brest, SOS Méditerranée s’apprête à ouvrir une antenne locale à Lorient : https://www.letelegramme.fr/morbihan/lorient/lorient-les-benevoles-sont-le-fuel-de-sos-mediterranee-05-02-2019-12202103.php
    Lorient. « Les bénévoles sont le fuel de SOS Méditerranée »
     
    Dernière édition: 16 Février 2019
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    La France s’indigne du sort réservé aux migrantEs en Libye, mais donne aux garde-côtes Libyens les moyens de les renvoyer en enfer en bafouant le droit international.

    La France fournit six bateaux à la garde-côtes libyenne :
    http://bit.ly/2VbrjIG
     
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    Apatrides de naissance : aux côtés des bébés nés dans les camps de réfugiés



    Au Bangladesh, 60 bébés Rohingya naissent apatrides chaque jour.

    « L'identité et l'histoire des Rohingyas ont été attaquées pendant longtemps et nous sommes aujourd'hui arrivés au point où ils sont apatrides », explique Amal de Chickera.

    « Cela les affecte, notamment parce qu'en étant apatride, les solutions qui s'offrent à vous en tant que réfugié sont limitées.
    Si vous êtes apatride, il ne suffit pas de s'assurer qu'il est sûr de rentrer [chez vous], vous avez aussi besoin d'un pays dans lequel vous pouvez rentrer ».

    Pour Turjoy Chowdhury, chaque bébé né apatride témoigne des dommages collatéraux d'un conflit centré sur l'identité ethnique.

    « Je pense à une chose sans cesse : la chanson Imagine de John Lennon », confie-t-il. « Un monde sans frontière, voilà de quoi il est question dans ce projet. »

    Apatrides de naissance : aux côtés des bébés nés dans les camps de réfugiés


     
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    Lors d'un sauvetage critique, Stefano De Luigi, photojournaliste embarqué à bord de l’ Aquarius, pose son appareil pour venir en aide aux naufragés.

    "Avec mon appareil photo, je n’étais plus utile, et ce que je pouvais faire comme humain n’était en fait pas suffisant."

    A regarder sur ARTE ici https://bit.ly/2Lujx9b
     
    Dernière édition: 26 Avril 2019
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    Ce texte ! Convergence des luttes !
    [Critique croisée contre lgbtphobie/capitalisme/racisme]
    comment les dominant-es construisent des frontières et comment les minoriséEs se réapproprient les territoires de leur corps et du monde luute politique et lutte pour leur survie et le bonheur

    Voyage à Lesbos

    Voyage à Lesbos
     
  12. freedomcat

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    Pourquoi l’extrême-droite européenne a quasiment réussi à faire interdire les sauvetages de réfugiés en Méditerranée

    Des navires comme l’Aquarius ou le Sea Watch, affrétés par des associations, ont sauvé des dizaines de milliers de vies en Méditerranée. Mais depuis deux ans, les autorités italiennes et européennes ont multiplié les entraves. L’Italie leur a fermé ses ports depuis l’arrivée au pouvoir de Matteo Salvini et de son parti d’extrême droite.

    Il n’est pas le seul à harceler les sauveteurs. Des bateaux sont saisis ou bloqués à Malte, en Espagne, leurs équipages sont menacés de poursuites. Et ce, dans l’indifférence des autres gouvernements européens. Les réfugiés, eux, continuent de mourir ou sont interceptés par les garde-côtes libyens. Bilan d’un naufrage européen.


    Quand une majorité d’électeurs français ont élu Emmanuel Macron contre Marine Le Pen en mai 2017, ils ne pensaient probablement pas que l’un de ses futurs ministres de l’Intérieur tiendrait le même discours que la candidate du FN et le reste de l’extrême droite européenne. C’est pourtant ce qui est arrivé le 5 avril.

    En marge du G7 des ministres de l’Intérieur, Christophe Castaner a déclaré que les ONG qui secourent des embarcations de migrants en péril en Méditerranée ont « pu se faire complices des passeurs ». C’est exactement l’argumentaire utilisé par Marine Le Pen un an plus tôt [1] en échos aux déclarations du ministre d’extrême-droite italien Matteo Salvini.
    Depuis que celui-ci est au pouvoir, les entraves mises aux organisations de sauvetage en mer ont redoublé.


    En juin 2018, dès la formation du gouvernement de coalition entre la Ligue du Nord (extrême-droite) et le Mouvement 5 Étoiles (M5S), Matteo Salvini décide de fermer les ports italiens aux bateaux des organisations non-gouvernementales de sauvetage.

    L’Italie refuse alors le droit d’accoster à l’Aquarius, affrété par l’ONG française SOS Méditerranée, et au Lifeline, d’une association allemande, alors qu’ils ont recueilli à bord des dizaines de réfugiés. « Normalement, selon le droit maritime, les gouvernements ne peuvent pas fermer leurs ports à des embarcations », déplore une activiste française de l’ONG allemande Sea Watch, qui souhaite garder l’anonymat. Mais les autorités italiennes cherchent tous les prétextes possibles pour le faire.


    Des accusations de collusion avec les passeurs, sans aucune preuve

    Sur le front juridique, les attaques contre les ONG ont commencé depuis deux ans. Au printemps 2017, le procureur de Catane, en Sicile, déclare soupçonner une collaboration entre des organisations de sauvetage et des trafiquants d’êtres humains. Sans aucun élément de preuves, l’affaire s’est finalement dégonflée.

    Les menaces de poursuites judiciaires et de mises sous séquestre des navires se sont cependant poursuivies. En août 2017, le parquet de Trapani, toujours en Sicile, saisit le navire Luventa de l’ONG allemande Jugend Rettet. Raison invoquée : soupçon de collaboration avec des passeurs lors de trois opérations de sauvetage en 2016 et 2017 (voir le travail d’enquête qu’a réalisé à ce sujet le collectif de recherche Forensic Architecture, basé à l’université Goldsmiths de Londres). L’ONG avait refusé, avec d’autres, de signer le « code de conduite » que les autorités italiennes voulaient leur imposer. Le texte leur demandait notamment de s’engager à ne pas entrer dans les eaux territoriales libyennes.


    « Notre navire se trouve en saisie préventive, fait savoir à Basta ! le président de Jugend Rettet, Julian Pahlke. La saisie peut être effectuée sans qu’aucune procédure judiciaire ne soit lancée. Elle est couverte par un paragraphe de loi anti-mafia ».

    Les autorités italiennes ont mis sous séquestre le navire de l’ONG allemande depuis plus d’un an et demi sans même qu’une procédure judiciaire ne soit ouverte ni contre l’ONG, ni contre ses membres. « Nous sommes allés jusqu’à la plus haute instance juridique italienne pour contester cette saisie », poursuit le jeune homme.
    En vain. L’ONG dit aujourd’hui préparer une plainte devant la Cour européenne des droits humains pour pouvoir récupérer son bateau.


    Des navires saisis ou bloqués de manière arbitraire, sans procédure judiciaire

    En mars 2018, c’est le navire de l’organisation espagnole Open Arms qui est placé sous séquestre par les autorités italiennes. Le procureur de Catane leur reproche d’avoir refusé de remettre aux garde-côtes libyens plus de 200 réfugiés secourus en mer.

    Une enquête pour organisation criminelle d’aide à l’immigration illégale est alors ouverte contre le capitaine du navire, le coordinateur et le directeur de l’ONG. Quelques mois plus tard, en novembre, la justice italienne déclare soupçonner l’Aquarius de traitement illégal de déchets toxiques. La menace d’un placement sous séquestre plane, mais l’accusation ne tient pas.
    La même année, le bateau de SOS Méditerranée reste coincé pendant des semaines dans le port de Marseille parce qu’il vient de perdre son pavillon, le pays de rattachement du bateau. Le Panama lui retiré l’immatriculation suite à une plainte de l’Italie. Juste avant, Gibraltar avait fait de même. Résultat : entre fin septembre et fin novembre 2018, plus aucun bateau d’ONG de sauvetage n’était présent au large de la Libye.


    Tout récemment encore, début février 2019, le parquet de Catane a bloqué plusieurs jours l’un des navires humanitaires de Sea Watch. Il venait de débarquer avec 47 réfugiés secourus au large des côtes libyennes, après avoir été coincés des jours sur le bateau au large, parce que Salvini leur refusait l’accès au port. Le ministre menace aussi l’ONG de poursuites en justice. Le parquet a finalement considéré qu’aucun délit n’a été commis par l’ONG, mais ordonne des vérifications techniques, ce qui immobilise le navire. Sea Watch a dénoncé un blocage politique injustifié. Puis, c’est le Mare Jonio, affrété par le collectif d’activistes italiens Mediterranea, qui est saisi pendant huit jours, mi-mars, au port de Lampedusa. Il venait de secourir 49 personnes.


    « Une preuve accablante que certains États abusent de leurs pouvoirs »

    Le zèle des autorités italiennes pour bloquer les navires inspire aussi d’autres pays. Sea Watch rencontre des difficultés avec les Pays-Bas, le pavillon sous lequel ses bateaux naviguent. Après des travaux d’entretien, les autorités néerlandaises ont empêché leur bateau Sea Watch 3 de retourner en zone de sauvetage. « Jusqu’à ce que le gouvernement néerlandais soit sûr que nous nous conformions aux exigences techniques d’un nouveau règlement, Sea Watch est obligé de suspendre ses missions et sera probablement soumis à une nouvelle série d’inspections grotesques », a réagi l’ONG dans un communiqué. Les Pays-Bas invoquent des préoccupations pour la sécurité des personnes secourues si le navire doit rester longtemps en mer, faute de port prêt à les accueillir, comme cela arrive de plus en plus souvent.


    upload_2019-4-26_19-52-16.jpeg Photos : des réfugiés sur le Seawatch 2, en mai 2016. L’équipe médicale du navire tente de sauver la vie d’un enfant (en une) / CC Brainbitch


    « Nous ne pouvons être tenus responsables de l’état actuel des blocages prolongés et inhumains en mer. Au contraire, cette situation est une preuve accablante que certains États européens abusent de leurs pouvoirs », répond Sea Watch. Pour elle, les Pays-Bas, derrière des prétextes techniques, cherchent à empêcher les opérations de sauvetage en inventant « de nouveaux moyens pour contrôler les navires d’ONG dans le contexte de la politique migratoire ».


    Une troisième ONG allemande, celle qui affrète le bateau Lifeline, a fait l’objet d’un long procès à Malte. En juillet 2018, les autorités maltaises ont laissé accoster le Lifeline avec plus de 200 personnes réfugiées, après une semaine d’errance en Méditerranée. Puis, Malte a mis le navire sous séquestre et engagé un procès contre le capitaine. L’accusation ? Ne pas avoir correctement enregistré le bateau. Le jugement doit finalement être rendu le 14 mai prochain.

    En Espagne aussi, les conditions se durcissent. En janvier, les autorités maritimes espagnoles ont refusé au navire d’Open Arms de repartir en mer. Il venait d’accoster dans un port du sud de l’Espagne avec plus de 300 réfugiés fin décembre.


    Renvoyer les embarcations vers la Libye

    « Des barrières se mettent en place à tous les niveaux pour qu’on ne puisse plus retourner dans la zone de sauvetage dans les eaux libyennes », analyse l’activiste française de Sea Watch.
    Depuis juin 2018, la Libye dispose de son propre Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage en mer (Cross), un centre de coordination pour les sauvetages maritimes. La mise en place d’un tel centre sur le sol libyen fait partie du plan de la Commission européenne de 2017 pour réduire les flux migratoires en Méditerranée [2]. « La zone de sauvetage où nous naviguons est un carré au nord de Tripoli, vers lequel les courants et les vents emmènent les embarcations qui partent de la capitale libyenne. Avant, le Cross dont dépendait cette zone de navigation était Rome. Nous avions l’obligation de diriger les embarcations en difficulté vers les ports les plus proches du Cross de Rome, donc des ports italiens ou maltais. »


    Avec la création d’un Cross à Tripoli, les embarcations peuvent être renvoyées vers la Libye. Alors même que, depuis début avril, des combats se déroulent, aux abords de Tripoli, entre les forces de l’Armée nationale libyenne autoproclamée du général Haftar, et les milices alliées au gouvernement reconnu par la communauté internationale. « Certains affrontements ont lieu également à proximité des centres de rétention des services de l’immigration à Qasr Ben Gashir et Ain Zara, où quelque 1300 personnes réfugiées et migrantes sont actuellement détenues », rappelle Amnesty International le 8 avril.


    80 000 personnes sauvées en deux ans

    En 2017, l’Union européenne a alloué 46 millions d’euros d’aide aux gardes-frontières et gardes-côtes libyens. En février, la France leur a même offert des navires [3]. L’objectif de ces généreux dons est de maintenir les migrants de l’autre côté de la Méditerranée. Pourtant, un rapport de l’Onu avertissait encore fin 2018 des « horreurs inimaginables » auxquelles sont confrontés les personnes migrantes en Libye. En novembre 2017, un documentaire de CNN montrait comment des migrants y étaient vendus comme esclaves.


    La politique italienne et européenne semble avoir pour priorité d’empêcher les personnes d’arriver sur le sol européen, quel qu’en soit le prix en termes de violation des droits humains, de conséquences humanitaires, et de morts. En 2018, plus de 2200 personnes ont péri en tentant la traversée entre la Libye et l’Italie, mais aussi entre le Maroc et l’Espagne. Au moins 350 sont morts depuis janvier (selon les chiffre du Haut commissariat aux réfugiés de l’Onu, ici). Fin mars, l’Union européenne a décidé de retirer ses bateaux de l’opération Sophia des eaux méditerranéennes (des navires militaires français, italiens, allemands, espagnols ou belges placés sous commandement franco-italien). Même si ce n’était pas leur mission principale – qui était de lutter contre les passeurs –, ces navires avaient secouru environ 45 000 personnes depuis 2015. Sur la seule période allant de 2015 à avril 2017, les différentes ONG de sauvetage en Méditerranée ont de leur côté sauvé plus de 80 000 personnes (voir notre article et ce rapport d’Amnesty de juillet 2017).


    « Nous n’avons plus de bateaux en mer pour le moment »

    « Nous n’avons plus de bateau en mer pour le moment », signale l’activiste de Sea Watch. SOS Méditerranée, qui est à la recherche d’un nouveau navire, non plus. Le Lifeline est toujours bloqué à Malte, le navire de Jugend Rettet en Italie, et celui d’Open Arms en Espagne. Le Mare Jonio opère toujours. Et le navire Alan Kurdi de Sea Eye, une autre organisation allemande, a secouru le 4 avril 64 personnes au large de la Libye. Le gouvernement italien a déclaré qu’il ne le laisserait pas accoster. Il a fallu dix jours, et deux évacuations pour urgences médicales, pour que Malte laisse enfin le Alan Kurdi accoster. La France et l’Allemagne se sont engagés à accueillir une partie des 64 réfugiés.


    Toute l’Italie n’est pas sur la ligne de Salvini. Des maires de gauche s’opposent publiquement à cette politique de fermeture des ports et au décret adopté en novembre qui ampute les droits des exilés. En mars, une manifestation antiraciste a réuni 200 000 personnes dans les rues de Milan. La justice italienne a même ouvert une enquête contre Salvini pour séquestration, pour les 46 réfugiés du Sea Watch à qui il avait refusé le droit de débarquer fin janvier. C’est la deuxième enquête de ce type lancée contre le ministre. La première avait été bloquée par le Sénat italien. En Allemagne, des dizaines de villes se sont déclarées « ports sûrs » ces derniers mois à l’appel de l’association Seebrücke. Ces communes se sont engagées à accueillir des personnes secourues en Méditerranée ou à soutenir les ONG de sauvetage.


    par Rachel Knaebel .

    Lire aussi :

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    [​IMG] « Les politiques migratoires actuelles ne sont pas rationnelles, elles sont juste électoralistes »

    [​IMG] De l’Europe aux États-Unis, ces villes qui s’opposent à leurs gouvernements pour mieux accueillir les migrants

     
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    "Des monstres, quinze monstres, tout autour de chez moi, torses nus et tatoués, criant des slogans nazis" :
    https://www.humanite.fr/refugies-dechainement-de-violence-contre-un-hote-solidaire-671259) humanite.fr/refugies-decha

    Déchaînement de violence contre un hôte solidaire :

    Une enquête, que l’association veut approfondie, a été ouverte après l’agression ultraviolente contre Hugo, un militant de Roya citoyenne, et quatre exilés, près de Nice.



    Un premier projectile a d’abord brisé une des fenêtres de l’appartement et le calme nocturne du hameau de la Vernéa, à Contes (Alpes-Maritimes), dans la vallée du Paillon. « Momassa a crié : “Ça recommence !” et j’ai regardé au travers de la vitre. Des monstres, quinze monstres, tout autour de chez moi, torses nus et tatoués, criant des slogans nazis. » Mis à l’abri chez des « amis » dans un village montagnard de l’arrière-pays niçois, Hugo, 58 ans, raconte par bribes et fait répéter les questions. Ce militant actif de Roya citoyenne n’a pas encore bien récupéré de l’agression dont il a été victime, dans la nuit du samedi 13 au dimanche 14 avril, avec quatre demandeurs d’asile qu’il hébergeait.


    Devant l’immeuble, la voiture bleue aux vitres explosées, rétroviseurs arrachés et tôles enfoncées témoigne, une semaine après, de la folie furieuse dont ont été pris les assaillants. À la vue de la porte d’entrée du logement, poignée tordue et serrures enfoncées, mais bel et bien fermée, on pousse un soupir de soulagement en imaginant le pire si, ce soir-là, elle n’avait pas résisté aux coups répétés des nervis.


    « Ils voulaient nous tuer », insiste Aziz, un des quatre exilés nigérians accueillis chez le militant depuis plus de six mois et eux aussi relogés chez d’autres solidaires azuréens. Après l’attaque, qui aura duré plus de quinze minutes, Hugo a été transporté à l’hôpital, pratiquement inconscient, sanglé sur une civière. « Je ne sais pas si c’est une barre de fer qui m’a touché, tente-t-il de se souvenir. La fenêtre a explosé et j’ai senti quelque chose me couper le visage. » À partir de cet instant, tout est devenu flou pour le quinquagénaire. Il souffre encore de multiples contusions, ayant nécessité des points de suture, et d’un traumatisme crânien toujours inquiétant, car de petits saignements internes auraient été observés au scanner.


    C’est la deuxième fois qu’Hugo et ses protégés sont ainsi attaqués. Quinze jours plus tôt, trois individus ont tenté de s’en prendre à eux dans des circonstances similaires. L’homme avait porté plainte, reconnaissant, cette première fois comme la suivante, un jeune voisin de son hameau.


    Le parquet de Nice a ouvert une enquête pour « violences volontaires » et une plainte a été déposée contre cette bande ultraviolente, dont certains membres étaient munis d’armes blanches. Une personne a été placée en garde à vue puis relâchée. Hugo a été entendu à sa sortie de l’hôpital, tout comme les quatre exilés qu’il hébergeait. Le voisinage a également témoigné. Mais Me Hanan Hmad, conseil du militant, craint que l’enquête ne soit pas neutre et n’aille pas au bout. « Nous nous réservons le droit de saisir un juge d’instruction si cette enquête n’était pas assez diligente, insiste-t-elle. Ma crainte est que l’affaire tourne plus autour du droit des étrangers et des activités militantes de mon client, que sur les violences qu’ils ont subies. »


    Plusieurs éléments posent en effet question. L’enquête, d’abord confiée à la gendarmerie de Contes, va, par exemple, être finalement menée par celle de Nice. « Lors des dépositions d’Hugo et de sa sœur, beaucoup de questions ont été posées sur les activités de Roya citoyenne », indique, par ailleurs, Patricia Alunno, membre du conseil d’administration de l’association et conseillère municipale communiste à Tende. Tout cela lui laisse à penser que la police poursuit surtout la procédure pour laquelle sept militants de Roya citoyenne ont été placés en garde à vue, le 13 mars dernier, sans justification aucune. D’ailleurs, les quatre Nigérians logés chez Hugo sont à nouveau convoqués à la gendarmerie, ce mardi matin. Ils doivent être entendus pour « violence aggravée ». Ce qui laisserait sous-entendre qu’ils ont une part de responsabilité dans ce qui s’est passé à Contes. « Ces quatre personnes sont des demandeurs d’asile en règle, corrige Me Hmad, et ils ont droit à une aide juridictionnelle. Or le délai de ces convocations ne laisse pas le temps d’en faire la demande. Nous allons informer le procureur de cette difficulté et faire en sorte qu’ils puissent être accompagnés lors de ces auditions. »


    Pour l’instant, en tout cas, les autorités rechignent à évoquer le caractère raciste de l’agression à laquelle ont dû faire face ces quatre exilés et leur hôte solidaire. Pourtant, Hugo, comme une de ses voisines, est formel. « Sales Nègres dehors ! » a entendu le premier. « Ils chantaient des chants nazis comme ceux du groupe Effraction, des trucs comme ça », se souvient la deuxième. La jeune femme fait peut-être allusion au groupe de rock identitaire, Fraction Hexagone, cofondé à Nice, dans les années 1990, par Philippe Vardon, initiateur du Bloc identitaire et aujourd’hui conseiller régional du Mouvement national.


    Le parti de Marine Le Pen a bien le vent en poupe dans la vallée du Paillon. Son candidat aux élections législatives, Olivier Bettati, y avait obtenu 53 % des voix. Ce dernier est d’ailleurs l’instigateur de l’association Défendre la Roya, qui prône, depuis 2017, la dissolution de Roya citoyenne jusque devant les tribunaux. Un procès heureusement perdu. « Ils ne nous ont jamais versé les sommes auxquelles ils ont été condamnés », rappelle Patricia Alunno, avant d’égrener les nombreux coups venus de l’extrême droite : banderoles à la frontière ou lors de procès de militants, attaques verbales de Bettati ou propos diffamatoires tenus dans le fanzine A Vugi d’a la Roya (« la Voix de la Roya »), au sein duquel sévissait la plume ultraconservatrice Rodolphe Crevelle.


    « Mais nous n’avions jamais eu de cas d’agression sauvage comme celle subie par Hugo, continue Patricia. Nous attendons du procureur le même acharnement à trouver et à poursuivre ces agresseurs barbares que celui qu’il met dans la poursuite des citoyens solidaires. »

    Emilien Urbach

     
    Dernière édition: 28 Avril 2019
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    Un nouveau drame s’est produit vendredi 10 mai en mer Méditerranée :'(

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    " Des dizaines de migrantEs sont portéEs disparuEs après le naufrage de leur embarcation survenu vendredi au large des côtes tunisiennes. Seize personnes ont été secourus par un bateau de pêche et trois ont été retrouvées noyées. " Au moins 50 morts dans un naufrage au large de la Tunisie

    Un drame qui aurai pu être évité mais voilà , y'à des abrutis ordures néo-fafs haineux et meurtriers qui dressent des frontières et criminalisent la solidarité

    Détruisons toutes les frontières!
     
    Dernière édition: 12 Mai 2019
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    " Amnesty demande à la France de «mettre fin aux agressions» des défenseurs des migrants dans le Nord

    Amnesty International appelle la France à «mettre fin au harcèlement et aux agressions» à l’encontre des défenseurs des droits humains qui aident les migrants à Calais et Grande-Synthe, selon un rapport de l’ONG publié mercredi.

    Depuis le démantèlement de la «Jungle» de Calais en 2016, les défenseurs des droits humains disent «subir une pression croissante» : contrôles d’identité, contraventions de stationnement à l’encontre des véhicules livrant de la nourriture... «Leurs actions sont systématiquement entravées», ils sont «soumis à des actes d’intimidation et de harcèlement, à des mauvais traitements et, dans certains cas, font l’objet de poursuites judiciaires infondées», selon le rapport. Un traitement «intrinsèquement lié à la manière dont sont traités» les migrants eux-mêmes. " ...

    Lire la suite : Amnesty demande à la France de «mettre fin aux agressions» des défenseurs des migrants dans le Nord






    Dans la région de Calais, les personnes qui prennent la défense des droits des migrantEs, sont prises pour cibles par la police.

    Explications :

    :emoji_point_down:

    La police prend pour cible les défenseurs des droits des migrants

     
    Dernière édition: 23 Juin 2019
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  17. freedomcat

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  18. KANAL

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    Y'a vraiment de quoi .....
    Très instructifs & intéressants tes derniers posts Freedomcat, merci ... même si c'était un peu long pour tout lire ... !
     
    Dernière édition: 9 Octobre 2019

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