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fall of efrafa - elil

Discussion dans 'MUSIQUE INTERNATIONALE' créé par profiler54, 22 Juin 2009.

  1. profiler54

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    5 Décembre 2008

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    01-Fall Of Efrafa _ Beyond The Veil.mp3
    02-Fall Of Efrafa _ Dominion Theology.mp3
    03-Fall Of Efrafa _ For El Ahraihrah To Cry.mp3
    04-4 _ Tharn.mp3

    A l'origine formation crust de Brighton (Royaume-Uni), Fall Of Efrafa tire son nom et sa raison d'être de l'oeuvre de Richard Adams, Watership Down.
    Le groupe sort fin 2006 un premier album intitulé Owsla, premier volet du tryptique The Warren of Snares.
    Le second, intitulé Elil, ainsi qu'un split avec Down To Agony, voient le jour au cours de l'année 2007 qui consacre le groupe comme une des plus importantes révélations de ces dernières années. Fall Of Efrafa n'en conserve pas moins la lignée qu'il s'est fixée, tournant peu, seules quelques dates au Royaume-Uni et une mini-tournée thématique avec Icos étant à mettre au crédit de 2008. Au printemps de cette même année, le groupe sort un remix du morceau "Dominion Theology" sous le nom de Tharn.
    Pour 2009, la charge de travail des anglais s'avère colossale : un album avec Icos, une tournée américaine aux côtés de Protestant et, bien sûr, le troisième volet de The Warren of Snares, Inle sur lequel Fall Of Efrafa devrait tirer sa révérence.


    "Retribution, the warren is empty". C'est par ces mots que Fall Of Efrafa clôturait Owsla, premier volet de The Warren Of Snares, entreprise aussi titanesque qu'osée inspirée par l'oeuvre de Richard Adams, The Watership Down, répartie en trois actes dont l'écoute de la première tranche laissait une curieuse impression de vide à son achèvement. Un an après, le terrier est désormais désert mais Fall Of Efrafa est toujours là.

    Deuxième tableau de la trilogie Elil, produit par Peter Miles, se décompose en trois morceaux d'une durée proustienne. Trois chapitres devrions-nous donc dire tant son écoute prend ici tous les aspects de la lecture d'un livre. Dans la terminologie de Richard Adams, Elil est "l'ennemi", "le prédateur" des Owsla. Transposé dans l'univers de Fall Of Efrafa, il est clairement identifié comme étant la Religion, concept créé par l'Homme lui permettant d'exercer un contrôle spirituel sur ses semblables et d'annihiler toute vélléité d'émancipation. Même si Fall Of Efrafa utilise le vocabulaire et la langue de The Watership Down, sa colère et sa haine d'une Religion réductrice et castratrice n'en sont que plus tangibles, abordant le problème sous plusieurs angles dont celui, très instructif, d'un fondamentaliste religieux ressortissant de la secte nord-américaine Dominion Theology souhaitant l'instauration d'une théocratie chrétienne ("Dominion Theology"). Afin de donner plus de force au propos, Fall Of Efrafa incorpore aux morceaux quelques extraits de discours de Richard Dawkins, scientifique combattant contre l'obscurantisme religieux. Un seul objectif à tout çà : dénoncer l'emprise de la Religion sur les esprits et la renvoyer dans le domaine qu'elle n'aurait jamais dû quitter, celui de la mythologie.

    Si l'appellation épique pouvait, peut-être, paraître un brin présomptueuse sur Owsla, inutile de préciser qu'ici elle prend toute sa signification. Sans artifice, Fall Of Efrafa impose sa griffe le plus naturellement du monde, conservant le son le plus brut possible, dans un souci de privilégier le fond à la forme, de redonner toute son importance à la musique et de rejeter le superficiel. Ainsi, les titres sont marqués par d'importantes variations, des rebondissements, s'imprègnant de manière indélébile au plus profond de nos êtres. L'esprit travaille, mais le corps aussi, chaque changement fait l'objet d'un soubresaut de tripes, un bouleversement viscéral, un chaos des entrailles. Si Owsla privilégiait plutôt le frontal, Elil campe l'insidieux, le progressif, l'approche en biais et, même s'il conserve encore et toujours le côté noir du crust britannique, on sent dans les faits Fall Of Efrafa adopter une posture plus posée, plus post hardcore dans le genre de Neurosis, voire même post rock. Lentement mais sûrement, les anglais façonnent leur ouvrage, procédant par petites touches mélodiques, simples mais empreintes d'une forte mélancolie, sur lesquelles viennent prendre appui quelques rythmiques d'apparence innoffensive mais qui, en devenant plus massives, lézardent l'édifice, transforment les fissures en crevasses par lesquelles s'écoulent un torrent de ressentiment et d'incompréhension. A la manière d'une symphonie, les titres sont sanctionnés par des allegros, des moderattos et des larghettos, des lignes de rupture telle que cette partie de guitare sèche sur "Beyond the Veil", où le ton effroyablement désespéré du chant d'Alex Bradshaw, évoquant changements d'attitude, périodes de doute, de renoncement auxquels succède le temps de la colère et du combat.
    Sombre et dépouillé dans le fond, Elil l'est également dans la forme. Livré dans un ensemble en carton recyclé, l'artwork apparaît en totale adéquation avec la musique Fall Of Efrafa étant un groupe pour qui le visuel, le texte et la musique revêt autant d'importance l'un que l'autre. A noter la superbe face en etching décorée pour la version vinyl.

    Par son souci du détail, sa démarche artistique, son obstination à n'appartenir à aucune chapelle, son refus du basique et des instincts primaires, le quintet de Brighton franchit un palier supplémentaire, optant pour une approche peu commune, moins instinctive, certes, mais plus réfléchie, faisant de Elil le digne successeur de Owsla et de Fall Of Efrafa un groupe définitivement à part.

    Le disque est disponible chez Fight For Your Mind.
     
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